La plupart des personnes qui partent en randonnée sont mal préparées.
Quand vous envisagez une randonnée, la préparation est importante, car sans elle vous risquez de vous trouver en difficulté.

Ceux qu’il faut faire

  • Dire à quelqu’un où vous allez et quand vous pensez revenir.
  • S’équiper de façon rationnelle, ce qui implique le choix de chaussures adaptées.
  • Emporter de l’eau, environ deux litres par personne et par jour et plus par temps chaud.
  • S’entraîner à marcher avec un sac à dos chargé et en portant vos chaussures de randonnée.
  • Se renseigner sur les réglementations et sur ce qui est autorisé à faire et à ne pas faire.
  • Si vous êtes en groupe, ne vous dispersez pas.
  • Se munir d’une carte, d’une boussole, voire d’un GPS et surtout savoir s’en servir.
  • S’entraîner à des gestes qui ne vous sont pas familiers, comme allumer un feu.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Considérer une randonnée comme une promenade dans un jardin public, surtout si elle dure plusieurs jours.
  • Boire de l’alcool durant l’effort.

Que porter ?

Pensez avant tout à votre confort. Cela veut dire être dans un milieu à bonne température – entre 11° et 35° C – et rester au sec. La plupart des randonneurs préfèrent adopter plusieurs couches vestimentaires, ce qui permet de limiter le poids en garantissant souplesse et facilité. Vous pouvez utiliser les mêmes vêtements quelle que soit la période de l’année, en en ajoutant simplement d’autres en hiver. Si vous avez trop chaud, il suffit d’en ôter un. Si le vent vous gêne, le vêtement du dessus vous en protégera sans vous faire transpirer.
Par temps froid, les sous-vêtements chauds sont peu élégants mais confortables.

Vêtements de randonnéeEn règle générale, préférez les vêtements amples, qui offrent une protection contre les piqûres des plantes et des insectes. Les pantalons munis d’une fermeture éclaire qui les transforme en bermuda contribuent à alléger votre équipement.
Enfin, si vous randonnez en été, les vêtements légers attirent davantage les insectes gênants, telle que les tiques.

En fait, ce ne sont pas les vêtements qui apportent de la chaleur. Leur rôle consiste à arrêter la déperdition de la chaleur corporelle, et c’est là qu’intervient le principe des couches vestimentaires.
L’idée est simple : plusieurs minces couches gardent mieux la chaleur qu’une seule épaisse, car elles piègent l’air chaud produit par le corps. Elles sont au nombre de trois. La première se porte à même la peau, la deuxième isole, et la troisième constitue une sorte de coquille protectrice. Toutes trois doivent « respirer » pour que l’humidité puisse les traverser vers l’extérieur, sécher vite.

Couche de base
Elle doit bien absorber l’humidité provenant de la peau et la répartir uniformément pour qu’elle s’évapore ou pénètre une autre couche vestimentaire. Elle présente en général une texture mélangée composée de fibres très élaborées, dites « à haute performance ».

Couche d’isolation
D’ordinaire constituée d’une chemise en microfibres, elle maintient la chaleur corporelle en piégeant l’air chaud. Par temps très froid, plusieurs de ces vêtements, amples, vous tiennent chaud.

Coquille protectrice
Quoique légère, imperméable et faisant office de coupe-vent, cette couche permet l’élimination de l’humidité grâce à de minuscules perforations d’un diamètre suffisant pour laisser passer la sueur, mais trop petit pour que la pluie pénètre.

Les chaussures

Chaussures de randonnéeElles sont la première des priorités. Ne partez jamais en portant des chaussures neuves. Qu’il s’agisse de solides chaussures de randonnée, de bottes montantes, de sandales destinées à la promenade a peu d’importance, car marcher longtemps est de toute façon une invitation faite aux ampoules et érosions du même genre.

Avant d’acheter les vôtres, mesurez correctement votre pointure et, en les essayant, portez les chaussettes que vous utiliserez. Si vos orteils touchent le bout des chaussures, c’est quelles sont trop petites. Si vous sentez vos talons glisser sur le contrefort, vous aurez des ampoules. Le temps passant, vos pieds gonfleront, aussi, en cas de doute, optez de préférence pour une pointure supérieure à la vôtre.

En règle générale, le choix se restreint à trois types de chaussures : les chaussures de promenade sur chemins carrossables et secs, les chaussures de petite randonnée, maintenant mieux chevilles et voûtes plantaires et les chaussures montantes de grande randonnée, imperméables.

Les accessoires

Pour la plupart des grandes balades d’une journée faites sous conditions atmosphériques courantes, un simple chapeau mou imperméable, facile à ranger, fait parfaitement l’affaire. Son bord protège du soleil.
Sous la pluie, il est souvent plus pratique qu’une capuche car, lorsqu’on tourne la tête, il accompagne le mouvement, ce qui en général, n’est pas le cas de celle-ci.
Si vous préférez la casquette de baseball, faites en sorte qu’elle soit munie d’un protège-nuque.
Les bandanas sont aussi une bonne solution car légers, compacts et polyvalents (on peut les porter autour de la tête, sur celle-ci, ou comme protège-nuque).Une variant de forme tubulaire peut se mettre comme tour du cou, bandeau frontal ou cache-nez.

Pour les lunettes, envisagez des lunettes photochromatiques, qui foncent au soleil. Les lunettes polarisantes, qui protègent de l’éblouissement, doivent faire partie de l’équipement du randonneur, mais évitez celle à bon marché, qui protègent rarement des ultraviolets. Avant de partir, pensez à resserrer vos montures.

Le sac à dos

Ceux qui partent en randonnée pour la journée ne doivent pas s’embarrasser de sacs à dos à armature dotés d’un réglage dorsal. Un sac de 35 litres suffit. La plupart d’entre eux n’étant pas imperméables, envisagez l’achat d’une housse protège-sac ou choisissez-en un muni d’un rabat escamotable dans la poche supérieure.

L’essai d’un sac à dos ressemble à celui d’une paire de chaussures. Testez-en plusieurs en y mettant la charge que vous prévoyez.
En principe, son rangement est affaire de bon sens. Les objets les plus lourds (tente, nécessaire de couchage sanglé au-dessous contribue aussi à la répartition du poids) doivent être placés vers le bas. Eloignez de votre dos ceux présentant des aspérités dures et veillez à ne pas mettre le papier hygiénique au fond.

Quel poids faut-il porter ?
Un poids aussi faible que possible. D’ordinaire on reconnaît un randonneur expérimenté au peu de matériel qu’il emporte, non à l’importance de celui-ci.
En règle générale, la charge doit être comprise en 25 et 33 % de votre poids.

Ranger son sac à dosRanger son sac à dos
Mais où ai-je mis ceci ou cela ? A la première occasion, videz votre sac et prenez la résolution de vous organiser en mémorisant l’ordre de rangement. Mettez tout ce dont vous avez besoin dans la journée (ou en cas d’urgence) soit dans la partie haute, soit dans la poche extérieure. Quant à l’accessoire, limitez-le au maximum. Affectez un code-couleur aux diverses pochettes pour savoir ce qu’il y a dans chacune. Portez une ceinture banane et mettez-y ce que vous devez avoir rapidement à portée de main (crème solaire, répulsif à insectes, lunettes de soleil etc.) et, une fois que vous avez trouvé un moyen pratique de ranger votre sac, tenez-vous-y.

Bien dormir et coucher à la belle étoile

Tout d’abord il vous faut un sac de couchage. Achetez-en un de type sarcophage, doté d’une capuche et vérifiez qu’elle est plus rembourrée que le reste du sac. Ce dernier est plus polyvalent, moins volumineux et moins lourd que les autres, rectangulaires, qui ne montent que jusqu’aux épaules.
Le meilleur exige un matelas qui, non seulement, améliore le confort et le maintien du corps, mais vous isole efficacement d’un sol dur et froid.

Même en été, la température nocturne peut chuter beaucoup. Or, un sac de couchage maintient la température du corps et un matelas l’isole du sol froid.

Duvet ou fibres synthétiques ?
C’est le dilemme. Un sac de couchage garni de duvet d’oie ou de canard vous garde au chaud, est peu volumineux et très léger aussi longtemps qu’il reste sec. Hélas, mouillé, il est très difficile à faire sécher, surtout en cours de route.
Les fibres synthétiques sont, certes, plus volumineuses et lourdes, mais leurs performances sont légèrement supérieures en milieu humide puisqu’elle s sèchent plus vite. Le secret consiste d’abord à protéger votre sac de l’eau en le rangeant dans une poche imperméable.

Tente

Si vous deviez de passer la nuit à la belle étoile, il vous faut une tente d’un certain modèle et que vous savez monter.
Il existe un grand nombre d’abris pratiques suffisamment petits pour que vous en rangiez un dans votre sac à dos, afin de faire face à cette éventualité.

Abris de bivouac
Certains sont à peine plus évolués que les sursacs destinés à abriter les sacs de couchage. D’autres comportent un mât ou un arceau évitant que votre tête soit en contact avec le tissu. C’est un bon choix, mais ils pèsent un petit peu lourd.

Bâche
Si elle est imperméable, on peut la disposer sur de petits mâts improvisés sur lesquels on la fixera solidement à l’aide de cordes pour obtenir un abri rustique.

Sursac
Il s’agit essentiellement d’un grand sac en plastique dans lequel on glisse son sac de couchage et un matelas pour la nuit.

Couverture de survie
Elle ne pèse que quelques grammes, prend peu de place pliée, et renvoie 80 % de la chaleur corporelle.

Autour du feu

Si vous partez en randonnée pour une semaine ou plus, un matériel culinaire s’impose, car vous devrez vous nourrir.

Réchaud à gaz
POUR – Facile à utiliser, flamme régulière, bon marché.
CONTRE – Les cartouches de propane sont lourdes ; le butane brûle mal à très basse température.

Réchaud à gaz liquide
POUR – Simple, brûle proprement, efficace par temps venteux et à grande altitude.
CONTRE – Cher, usage malaisé, nécessite un nettoyage.

Feu de boisFeu de bois
POUR – Combustible présent sur place.
CONTRE – Que faites-vous par temps humide ou lorsqu’il est interdit de faire du feu ?

Réchaud à combustible solide
POUR – Le combustible se présente sous forme de pastilles et le réchaud, ingénieux, petit, est constitué d’une plaque de métal malléable.
CONTRE – Très sensible au vent.

Pour les seuls cas d’urgence, le réchaud à combustible solide est la meilleure solution. Vous aurez aussi besoin d’une popote (une capacité d’un litre est suffisant pour un repas), d’un gobelet isotherme, et d’un petit couvert 3 pièces (couteau, fourchette, cuillère).

Gourde Manger et boire
Si vous préparez vous-même vos repas, associez le riz complet ou les pâtes à des potages et à des sauces est une bonne solution. En marchant, fruits secs, noix et barres énergétiques conviennent.
Les randonneurs exigeant quant au petit déjeuner doivent aussi se rappeler le café. Emmenez deux petites bouteilles d’eau (au lieu d’une grande).Remplissez-la chaque fois que vous le pouvez. Pour gagner de la place, achetez une gourde métallique isotherme que vous pourrez mettre au congélateur la nuit (quand vous le pourrez bien-sûr) et qui gardera par la suite l’eau fraîche plus longtemps.

La trousse de secours

Naturellement, en randonnée, personne ne désire être confronté à une urgence médicale, mais vous pouvez y être contraint, aussi, le lieux est que vous y soyez préparé, ce qui implique une trousse de secours.
Les situations que vous rencontrerez seront des incidents sans trop de gravité – coupures, hématomes, piqûres d’insectes, égratignures, ampoules, érosions cutanées, etc. – auxquels vous remédierez aisément avec le contenu de votre trousse.

Où ranger votre trousse ?
Dans le haut de votre sac pour l’avoir rapidement à portée de main, ou dans une ceinture banane. Certains randonneurs font les deux, plaçant la trousse principale dans leur sac, et glissant une autre, plus petite, à leur ceinture.

Votre trousse doit contenir ce qui suit (à vous de voir ce que voulez prendre) :

  • Trousse de secoursDeux paires de gants jetables / Lingettes antiseptiques
  • Thermomètre / Masque pour bouche à bouche
  • Paire de ciseaux / Une pince / Scalpel
  • Epingle de sûreté / Bande Velpeau
  • Lingettes apaisantes (piqûres) / Sparadrap
  • Compresses stériles / Attelles souples / Garrot
  • Echarpe triagulaire / Pansements adhésifs
  • Aspirine / Ibuprofène / Comprimés antalgiques sans aspirine
  • Anthihistaminique / Pommade labiale / Crème pour brulûres
  • Crème solaire / Pommade cicatrisante

Matériel de plein air

Pour passer une nuit au chaud et en sécurité dans votre campement, vous devez vous munir du minimum nécessaire.

  • Sifflet / Couteau / Allumettes / Briquet / Lacets de rechange / Lampes torches
  • Papier et stylo / Piles de rechange / Loupe / Miroir de détresse / Trousse à couture
  • Bougies / Hachette / Pelle pliante

Christophe GILBERTON

Source : Manuel du randonneur – Editions Le Courrier du Livre