Briançon se situe au point de convergence de vallées qui rayonnent au nord-ouest par la Guisane, au nord par la Clarée, à l’est par la Cerveyrette et l’Orceyrette, au sud par la Durance et la Vallouise… Carrefour naturel, le site a été très tôt habité, et sa position en a fait une capitale régionale, chef-lieu de l’ensemble des Escartons. Mais c’est surtout à la proximité de l’Italie que Briançon doit son plus grand rôle et sa principale fonction : place forte et ville de garnison, elle a été fortifiée par Vauban et ceinturée de forts à l’est, vers l’Italie, tout au long des XVIIIe et XIXe s.

Plus que des armes, Briançon vit maintenant du tourisme et de la proximité du parc national des Ecrins. On y vient également pour la cité Vauban, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco (avec sa ceinture de forts) depuis juillet 2008. Haut perchée et traversée de gargouilles, elle a bien fier allure ! En revanche, la ville basse porte encore en mémoire le passé industriel que connut la cité de 1842 à 1932.

La cité Vauban de Briançon - Hautes-Alpes
La cité Vauban de Briançon

Un peu d’histoire


 

Du celtique brig (hauteur) vient le nom des Brigiani, les Celto-Ligures qui ont été les premiers à coloniser le site qui deviendra Brigantium sous l’Empire romain. C’est au Moyen-Age que Briançon connaît un développement économique et démographique telle que la ville finit par acquérir une large autonomie, concrétisée par la Grande Transaction signée avec le dauphin en 1343. Briançon devient alors capitale du Briançonnais et des cinq Escartons allant jusqu’en Italie. Elle jouit d’importants privilèges douaniers et constitutionnels, qui ne seront abolis qu’avec la révolution.
Ce sont les guerres de Religion, puis de la Ligue, qui ont mis fin à cette ère de prospérité. Troublée par le passage des troupes, puis incendiée à deux reprises, en 1624 et 1692, Briançon, ravagée, reprend vie dans l’enceinte fortifiée de Vauban. Le traité d’Utrecht (1713), établissant la frontière au col de Montgenèvre, assoit cette fonction militaire. Au siècle suivant, la ville s’enorgueillit d’un fait d’armes fameux : en 1815, la cité résiste 3 mois aux forces austro-sardes, , impuissantes à briser cette forteresse et la volonté des Briançonnais… Briançon se voit ensuite coiffée d’une citadelle (1830) et ceinturée de forts défensifs plantés sur les sommets voisins (fin XIXe s). Elle reste par la suite une ville de garnison, qui s’illustrera encore pendant la seconde Guerre mondiale : c’est un des seuls points du front où l’ennemi a été repoussé en 1939-1940, le fort italien du Chaberton, qui menaçait alors toute la vallée, ayant été réduit à néant de façon magistrale par l’artillerie française.

La cité Vauban
Porte Pignerol de Briançon - Hautes-Alpes
Porte Pignerol

Elle est inscrite depuis 2008 au Patrimoine mondial de l’Unesco et elle est entièrement piétonne. On y accède par le haut et la porte de Pignerol, avec pont-levis et herse. On peut aussi entrer par la porte d’Embrun en bas, avec également un pont-levis.
A la porte de Pignerol, une plaque commémore le blocus de 1815, où Briançon fut héroïque. Tout droit descend la Grande-Gargouille, rue principale appelée ainsi en raison du « canal central » qui s’y écoule dans un lit de pierres appelé « gargouille ». Ce canal de ville, un béal, fut réalisé en 1345, et servait surtout à la lutte contre les incendies. Au n°13, la maison des Têtes, à médaillons sculptés de personnages briançonnais. Presque en face la fontaine du Haut.

On accède ensuite à la place du Temple. Très bel immeuble Renaissance.
La collégiale, construite d’après des plans de Vauban (1703-1718), est assez colossale. Deux lions de marbre rose en gardent l’entrée, provenant de l’église précédente, détruite lors de la guerre de la Ligue d’Ausbourg. A l’intérieur, beau mobilier (tableaux, stalles, retable et autel du XVIIIe s).

Porte d'Embrun de Briançon - Hautes-Alpes
Porte dEmbrun

De là, par la Petite-Gargouille (fonction de lutte contre le feu), on descend jusqu’à la place d’Armes, où se trouve la belle et ancienne maison du Roi (ancien auditoire), où le bailli rendait justice. En façade, deux cadrans solaires.

Reprendre la Grande-Gargouille pour trouver en bas, au n°64, la maison du Pape, où Pie VI fut retenu prisonnier 2 mois en 1799, avant son transfert à Valence où il mourut. On arrive enfin à la place du Médecin-Général-Blanchard, où se trouve la Maison du parc national des Ecrins. Non loin, l’église des Cordeliers (fin XIVe s), qui a été très dégradée car transformée en hôpital militaire, puis longtemps abandonnée. On peut y voir de magnifiques fresques des XVe et XVIe s, parmi les plus fines et les plus élégantes des Hautes-Alpes.
Remonter la rue de Roche, prendre la rue du Pont-d’Asfeld pour accéder à la porte de la Durance.

Christophe GILBERTON

Source : Guide du routard – Alpes 2010/2011

Briançon (Hautes-Alpes)
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