Chemin faisant, Vianney
s’attaque au Tour de France à pied

Vianney Fouquet, Pérenchinois, aime courir, marcher dans la nature. À la mi-mai il s’attaque au Tour de France à pied, soit 9 170 km à parcourir aux frontières de l’Hexagone, durant 16 mois. À 24 ans, cet étudiant qui vient de suivre une formation de « guide nature » mettra ses pas dans ceux de Serge Laurent qui a réalisé cet exploit en 1999 et 2000. Il bénéficie de ses conseils via l’association du Grand sentier de France.

Vianney y pense depuis deux, trois ans. « En vagabondant sur Internet, par hasard je suis tombé sur le site du Grand sentier de France. J’aime bien courir ; un petit exploit sportif, comme ça, dans ces paysages… », se disait-il. Mais il se rend vite à l’évidence : « Avec tout ce qui s’offre à nos sens, j’ai opté pour la marche ». Il prend contact avec Serge Laurent, le fondateur de l’association Le Grand sentier de France, qui a réalisé ce parcours. Une longue discussion s’ensuit ; « l’idée a mûri » et le projet deviendra réalité, après les examens. Vianney suit une formation de « guide nature », depuis deux ans, dispensée par le cercle naturaliste de Belgique. Conseillé sur le matériel et « le timing », il partira de Besançon (Serge Laurent, Mosellan, est parti de Metz) à la mi-mai pour randonner dans les Alpes de juin à fin août. « Début septembre, il faut que j’attaque les Pyrénées pour terminer fin octobre », précise-t-il, « Je préfère la montagne », ajoute-t-il en nuançant : « Serge Laurent m’a raconté qu’il avait essuyé une tempête de neige et chuté dans une crevasse, ce qui lui a valu un mois d’hôpital. Ça m’a un peu refroidi », note le jeune homme que l’on ne sent pas risque-tout mais sûrement endurant. La solitude sera l’autre nouveauté. Jusqu’alors il randonnait avec des copains. « Marcher les mains dans les poches, avec une paire de jumelles », cela lui plaît. Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde ; il revendique le choix de l’Hexagone et la symbolique de la boucle. Croisera-t-il les cyclistes du Tour de France ? « Je vais rester sur 20 kg (Serge Laurent avait opté pour 30 kg) », estime-t-il parlant de son sac à dos, « comme pour une semaine dans les Pyrénées ». Cela nécessitera un « tri draconien » pour celui qui se réjouit de porter « sa petite maison sur le dos ». Emportera-t-il un portable ? Sans doute « mais je vais éviter d’y toucher ». Seulement peut-être pour rassurer ses parents.

Le Tour de France de Vianney.
Selon le tracé de Serge Laurent, il longera grosso modo les frontières terrestres et maritimes. S’il suivra le tracé littoral en Bretagne, Normandie, dans la Somme et le Nord, il s’éloignera de la côte dans Les Landes (paysage trop répétitif) pour passer par la Dordogne. Du côté méditerranéen, il cheminera davantage dans l’arrière-pays varois et les Cévennes que sur la Côte d’Azur.

Il ira dans le sens des aiguilles d’une montre, de Besançon à… Besançon.
Pourquoi ce départ jurassien, mi-mai ? (Serge Laurent avait quitté Metz le 1er avril 1999). Pour aborder la montagne en été et au début de l’automne, éviter l’hiver. De juin à mi-juillet, il randonnera dans les Alpes. Il sera de la mi-juillet à fin août en Provence, Languedoc et Roussillon. De début septembre jusqu’à fin octobre, ce sera à nouveau une étape de montagne, dans les Pyrénées, avant de remonter par Cahors et Saumur.

Le budget.
Serge Laurent était parti avec 1 500 euros mais il a conseillé à Vianney 3 000 euros pour « être confortable ». Vianney a économisé sur ses salaires d’assistant d’éducation à mi-temps au lycée Île-de-Flandre à Armentières et l’autre mi-temps au collège Jacques- Monod de Pérenchies, sa commune de résidence. Il cherche des « sponsors ». Décathlon lui a répondu négativement. Il ne désespère pas de trouver des aides, peut-être de sa commune, comme Serge Laurent, avant lui.

GPS.
Serge Laurent lui a conseillé un GPS plutôt que des cartes qui vont encombrer son sac à dos (il a prévu de s’en tenir à 20 kg). Un GPS au 50 millièmes doit faire l’affaire. Il lui suffira d’entrer le lieu-dit de départ et celui d’arrivée pour la journée. Cependant il faudra trouver où recharger la batterie. Cela l’inquiète un peu. « J’aurais bien aimé déplier mes grandes cartes », remarque-t-il avec un sourire, évoquant Serge Laurent qui se faisait envoyer les cartes régulièrement par la poste au fil de sa progression. Une organisation que Vianney n’envisage pas. « Ce sera une énorme improvisation jour après jour », lâche-t-il.

L’itinéraire.
Cet itinéraire emprunte 34 sentiers nationaux ou régionaux de randonnée, traverse 1 575 communes, 20 parcs naturels, 48 départements. L’association tient à la disposition de ses membres des fiches, par étape, car c’est rare qu’un marcheur s’attaque à l’entièreté du projet qui valut à Serge Laurent de figurer au Guiness des records (18 millions de pas, 106 200 m de dénivelées cumulées).

Le blog.
L’association du Grand sentier de France a créé sur son site le blog de Vianney. http://tdf.grandsentierdefrance.org

Depuis cet article, Vianney a abandonné l’idée d’utiliser un GPS car très peu fiable (beaucoup trop de lieux traversés ne sont pas répertoriés) et l’a même retourné à L’IGN. Il devrait utiliser des cartes Série Promenade au 1/100 000e.

La Voix du Nord (Armentières) – 14 février 2009 [Vianney Fouquet]

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