Parc national du Mercantour

Le Grand Sentier de France vous emmène au cœur du Parc national du Mercantour dont il traverse 19 des 22 communes.
Comme les 10 autres parcs, celui du Mercantour, créé en 1979, est géré par un établissement public administratif de l’Etat, qui comprend des services techniques et financiers regroupés au siège à Nice et 7 secteurs territoriaux (Roya-Bévéra, Vésubie, haute Tinée, moyenne Tinée, haut Var et Cians, haut Verdon et Ubaye) où les gardes moniteurs assurent la surveillance, le suivi et la gestion écologiques et l’accueil du public.

Carte d’identité
> Date de création : 1979
> Superficie : 214 765 ha
> Région : Provence-Alpes-Côte-d’Azur
> Départements : Alpes-Maritimes (06) – Alpes-de-Haute-Provence (04)
> 22 communes

 

La Nature

> Géologie

A l’origine, le territoire appelé aujourd’hui Argentera-Mercantour était occupé par l’océan alpin (la Téthys) dans lequel des sédiments se sont déposés en couches successives. Ces dépôts qui ont formé des calcaires, des marnes et des grès ont constitué la couverture d’un vieux socle.
Lors de la formation des Alpes, commencée il y a 40 millions d’années, cet ensemble s’est déformé, occasionnant plis, failles, décollements et glissements. Ainsi le socle qui devrait se trouver enseveli sous les couches sédimentaires, forme aujourd’hui les sommets du massif qui culminent, pour certains, à plus de 3 000 m d’altitude comme le Gélas.

> Géomorphologie

Massif alpin situé à proximité de la Méditerranée, le Mercantour offre une diversité de paysages géomorphologiques hérités ou actuels qui sont le produit des variations du climat, de l’altitude et de l’exposition. Au-dessus de 1 800 m, dans les roches dures, les glaciers quaternaires ont marqué les paysages de leur empreinte. L’action du froid – gel/dégel – dessine les crêtes, crée des glaciers rocheux et de puissants éboulis. Enfin, la force des torrents, exacerbée par la raideur des pentes et la violence des précipitations, dissèque les roches tendres, entraîne vers les gorges les matériaux meubles et provoque des glissements de terrains lorsque le torrent affouille la base d’une masse rocheuse mal assise.

> Endémisme et influences

Carrefour biogéographique unique en Europe, l’Argentera-Mercantour doit son extrême richesse à la complexité de sa géographie et de son histoire. Dans ce massif à la jonction des alpes et de la Méditerranée, 40 km seulement séparent le rivage de sommets dépassant 3 000 m d’altitude. Cette vigueur du relief est à l’origine du fort contraste entre adrets et ubacs, du « télescopage » d’espèces lorsque le sapin côtoie le chêne vert, le chamois, la cigale, des remontées de plantes méditerranéennes et de la descente de plantes montagnardes dans des stations abyssales, de microclimats et d’isolats qui conservent des espèces relictuelles et endémiques.

> Neige et avalanches

La neige n’est pas un matériau inerte. Elle subit des « métamorphoses » imposées par les conditions météorologiques (vent, température, précipitations). Chaque chute constitue une strate bien distincte, plus ou moins stable ce qui fragilise parfois le manteau neigeux. Dans le Mercantour, le mistral forme de nombreuses plaques à vent ; cachées sous les crêtes, dans les creux ou derrière les rochers, elles présentent parfois un véritable danger pour le randonneur. Fort heureusement, en adret, le soleil du Midi stabilise les pentes et, très rapidement, la montagne hivernale s’offre sous son plus bel aspect.

Formation du cristal de neige
Formation du cristal de neige

Dans une masse d’air saturée en humidité et de température négative, la vapeur d’eau se condense autour des noyaux de congélation-poussière et passe de l’état gazeux à l’état de germe de glace. Le germe grossit, s’alourdit et chute au sol en devenant un cristal de neige, dont la complexité de la structure hexagonale est fonction de la température.

> Climatologie

Situé à l’extrémité sud de la Méditerranée, le Mercantour est protégé des pertubations venant du nord.
En revanche, il reçoit de plein fouet les tempêtes méditerranéennes, vites balayées par le mistral. En été, les orages sont fréquents, alimentés par les brises marines qui apportent l’humidité. Mais si l’orage gronde au cours des après-midi, les matinées sont toujours belles : partir tôt, rentrer tôt est une règle qui se justifie plus encore que dans tout autre massif.

Nuages lenticulaires
Nuages lenticulaires

Les Alpes forment une barrière qui oblige le vent du Nord à se soulever. Au cours de l’ascendance, le refroidissement de l’air provoque la condensation et des précipitations (pluie ou neige) sur le versant « au vent ». Dans le même temps, les filets d’air prennent un mouvement ondulatoire qui s’amortit lentement. Dans la partie supérieure des ces ondes, là où le soulèvement est le plus important, il se produit un phénomène de condensation qui entraîne la constitution d’un nuage en forme de lentille, qui épouse la courbe de l’onde.

> Pelouses alpines

Plus riches sur substrat calcaire que sur substrat siliceux, les pelouses alpines ont mis des siècles pour s’installer sur un sol dont la décomposition chimique est freinée par les basses températures. Dans ce monde de lumière et d’extrêmes climatiques, la période de végétation n’excède pas 3 mois et les espèces végétales, des orophytes vivaces et naines, se reproduisent par l’intermédiaire des insectes pollinisateurs attirés par leur abondant nectar et leurs couleurs vives favorisées par la luminosité. En été, c’est le domaine des criquets et des sauterelles, de la marmotte, des ongulés et des oiseaux.

Marmotte des Alpes
Ce rongeur aux mœurs diurnes habite le Mercantour jusqu’à 2 700 m d’altitude. Sa silhouette dodue, son caractère joueur, ses siestes au soleil sur les routes de cols et son sifflement d’alerte ont fait sa popularité.

Campagnol alpestre
Poche de son cousin des champs, ce campagnol, fréquent dans le Mercantour à une altitude supérieure à 2 000 m, creuse ses galeries sous le manteau neigeux.

Traquet Motteux
Venant d’Afrique, ce passereau omniprésent passe l’été dans le Mercantour, où il construit un nid d’herbes à l’abri d’une pierre.

Monticole de roche
Ce merle migrateur, discret malgré ses couleurs vives, arrive en mai dans le Mercantour. Il niche dans les fissures des rochers.

Lièvre variable
Relique de l’époque glaciaire, le « blanchon » vit toute l’année en altitude, aidé par sa robe changeante, son menu frugal, et ses pattes poilues qui lui permettent de se déplacer sur la neige, où il laisse une empreinte en Y.

Chamois
Avec des effectifs atteignant 9 100 individus en 2002, le chamois du Mercantour se porte bien. D’observation facile, il reste vigilant, fuyant prestement en émettant un chuintement d’alerte.

 > Lacs de montagne

Plus aucun lac ne se forme actuellement dans les Alpes, et les quelques 160 lacs du Mercantour, installés dans les cirques creusés par les glaciers quaternaires, sont voués à une mort lente par comblement. En attendant, malgré le gel qui met en hibernation au mois 6 mois consécutifs ces lacs et les riches zones humides associées, la vie y déroule son cycle annuel,aussi complexe que fragile.

Le lac d'Allos - Mercantour
Le lac d’Allos

Les zones humides sont colonisées par des groupements végétaux rares, que caractérisent les scirpes, les laîches et les joncs. Le réchauffement climatique semble entraîner la régression de ces reliques glaciaires très sensibles aux perturbations.

Gammare
Ce petit crustacé des eaux peu profondes constitue une proie appréciée des poissons.

Grenouille rousse
Cette grenouille trapue forme d’importantes colonies en activité dès la fonte des neiges.

Omble chevalier
Se plaisant dans les eaux froides, l’omble se contente d’une faible densité en invertébrés, dont il se nourrit. On le trouve dans quelques lacs du Mercantour (lac d’Allos) jusqu’à 2 600 m d’altitude.

Æschne des joncs
Son vol puissant et rapide fait d’elle un chasseur très efficace. Elle fréquente les lacs pauvres en substances nutritives jusqu’à 2 000 m d’altitude.

Agrion porte-coupe
De l’Afrique du Nord à la Sibérie, cette demoiselle au vol hésitant fréquente les plans d’eau stagnante envahis de végétation.

> Cembraie-Mélézein

Forêt subalpine des Alpes sèches, la cembraie-mélézein est une association de deux résineux parfaitement adaptés aux conditions bioclimatiques extrêmes des hautes altitudes où, pour éviter la concurrence d’autres végétaux, ils se sont réfugiés. Ces deux essences sont en outre complémentaires : colonisant, grâce à ses graines légères, les espaces ensoleillés aux sols dénudés et aérés, le mélèze, arbre pionnier, y constitue des forêts qui, en altitude, ouvrent la voie au pin cembro ou arole. A terme, la cembraie peut supplanter le mélézein.

Pin cembro
Ce pin à la silhouette trapue forme au col de Salèse la cembraie la plus méridionale de France. Sa faible distribution ailleurs dans le parc s’explique par sa situation en limite d’aire et sa rareté sur substrat calcaire.

Mélèze d’Europe
Passé l’automne où flamboie l’or de ses ramures, le mélèze, seul résineux à aiguilles caduques, prend au cœur de l’hiver l’aspect d’un arbre mort.

Rhododendron ferrugineux
Sa courte période de végétation, qui explique la lenteur de sa croissance, n’entrave pas sa belle floraison au début de l’été.

Myrtille des bois
Ses branches dotées de feuilles caduques, qui couvrent de grandes surfaces, portent des baies bleu-noir appréciées.

Airelle rouge
Ce sous-arbrisseau aux feuilles persistantes produit des baies rouge vif, rassemblées en grappes, au goût légèrement farineux.

> Torrents

Torrent - Parc national du MercantourDévalant souvent de fortes pentes, les nombreux torrents qui sillonnent le Mercantour sont sujets à des crues violentes. Leur pouvoir érosif est tel qu’un galet de granite de 20 cm est réduit en sable 20 km en aval …
Dans leurs eaux froides, brassées et saturées en oxygène, la vie se développe, de plus en plus riche et complexe, de l’amont vers l’aval : près de la source, on observe quelques algues et larves d’insectes et de planaires accrochées aux pierres ; plus bas, les éponges et les mousses apparaissent, et les nombreuses larves et nymphes d’insectes attirent les poissons.

> Pinède à chêne pubescent

Chêne pubescentCaractéristique des basses montagnes méditerranéennes calcaires, notamment des Préalpes, entre 400 et 1 500 m d’altitude, la forêt mixte de pins sylvestres et de chênes pubescents, médiocre au plan sylvicole, abrite de nombreuses espèces animales. Dans le Mercantour, elle s’étend sur le versant méridional du massif, où le pin sylvestre devient dominant vers l’est. Elle est accompagnée d’un cortège arbustif en sous-bois, dont les espèces, qui remontent à la faveur des vallées, témoignent d’influences méditerranéenne, comme le thym, et orientale, comme l’ostrya.

> Orchidées

Sur les quelques 150 orchidées recensées en France, le Mercantour en compte 63. Nées il y a 20 à 30 millions d’années, elles ont colonisé pratiquement tous les milieux, des plus humides aux pelouses sèches en passant par la forêt, le plus souvent sur des sols pauvres. Aujourd’hui, les perturbations du milieu, tels l’abandon des près de fauche, l’utilisation d’engrais ou l’enfrichement, auxquelles elles sont très sensibles, les mettent en danger.

Orchis punaise
Habitat : pelouses et prairies humides sur substrat siliceux de moyenne montagne.
Floraison : mai-juin

Orchis pourpre
Habitat : pelouses, forêts de pins sylvestres et de feuillus sur sols calcaires.
Floraison : mai-juin.

Orchis brûlé
Habitat : pelouses sèches sur sols acides de préférence.
Floraison : mai-début août.

Orchis sureau
Habitat : pelouses ensoleillées et parfois en mélézein sur sols calcaires.
Floraison : mai/mi-juillet.

Orchis moucheron 
Habitat : pelouses et forêts de l’étage montagnard.

Floraison : début mai/mi-août.

Orchis globuleux
Habitat : près de fauche sur sols calcaires.
Floraison : début juin/mi-juillet.

Orchis rouge sang
Habitat : zones humides sur sols calcaires.
Floraison : fin mai/fin juillet.

Orchis musc
Habitat : zones humides sur sols acides.
Floraison : juillet.
Ses fleurs dégagent une odeur de miel.

 

Christophe GILBERTON

Source : Encyclopédies du Voyage-Gallimard – Parc national du Mercantour

Le parc national du Mercantour [partie 1]
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