En randonnant sur le Grand Sentier de France, vous découvrirez de nombreux magnifiques endroits tel que les gorges du Verdon dans le Var.
La corniche sublime du Verdon – rive gauche – se déroule sur une vingtaine de kilomètres, avec de nombreux points de vue entre Pont-d’Artuby et Moustiers-Sainte-Marie. Le cirque de Vaumale, la falaise des Cavaliers et les balcons de la Mescla en constituent les points forts.
On peut aussi observer les gorges en rive droite entre Castellane et Moustiers-Sainte-Marie, puis à partir de la Palud-sur-Verdon.

Les gorges du Verdon - Var - Tour de France à pied
Paysage sublime entre Pont-de-Soleils et Moustiers-Sainte-Marie : les gorges du Verdon dressent leurs parois jusqu’à 700 mètres de hauteur. C’est le canyon le plus visité d’Europe.

Entaillé dans de puissantes barres calcaires, entre Castellane et Moustiers-Sainte-Marie, le grand canyon du Verdon est un joyau du patrimoine naturel de Provence. Profond de plusieurs centaines de mètres (entre 400 et 700 mètres) tout au long de son défilé, le Verdon incise le vaste plateau de Canjuers. La rivière au régime parfois torrentiel, a un débit variable selon la saison, de 1,5 m3/s à 15 m3/s. Lors de la crue dévastatrice de 1994, le débit est monté à plus de 500 m3/s.

Un grand plateau calcaire

Le plateau des gorges du Verdon est constitué de calcaires datés du Jurassique supérieur. A cette époque, les Alpes n’existaient pas et des mers chaudes et peu profondes s’étendaient sur l’ensemble d’un grand territoire qui deviendra plus tard la Provence et toutes les régions Préalpes.
De nombreuses et très importantes zones récifales et leurs pourtours se sont alors développés, créant d’épaisses couches de calcaires qui atteignent jusqu’à huit cents mètres d’épaisseur dans ce qui allait devenir la région du Verdon.
Puis l’histoire géologique s’est poursuivie. Les Alpes ont commencé à se soulever en même temps que l’érosion commençait un lent travail de décapage aboutissant à l’affleurement progressif des couches jadis déposées en mer.

Le Verdon a creusé ses gorges !
Verdon - Var - Tour de France à pied
Méandre encaissé du Verdon vu du Balcon de la Mescla

En aval de Castellane, la rivière entre très rapidement dans les gorges profondes. Il est difficile de comprendre qu’un cours d’eau puisse ainsi pénétrer de plein front dans un relief préexistant. Comment a-t-il franchi cette véritable muraille qui lui barre la route et le surplombe de plusieurs centaines de mètres ? La présence de méandres très encaissés entre des parois resserrées, profondes et verticales, peut difficilement s’envisager sans imaginer qu’ils préexistaient à l’encaissement.
Force est donc de supposer que la rivière coulait avec un tracé assez équivalent à l’actuel avant que la région ne se soulève. On qualifie d’antécédence cette hiérarchie évolutive : d’abord circule le cours d’eau, puis, peu à pue, se mettent en place des reliefs en même temps que le creusement de la gorge ; une rivière cherchant, tant que faire se peut, à garder son profil d’équilibre.
Soulignons également le rôle d’un phénomène exceptionnel qui a lieu entre -5,7 et -5,3 millions d’années, à savoir la fermeture de la Méditerranée au niveau de Gibraltar : cette fermeture a provoqué son évaporation et l’abaissement de son niveau sur plus de 2 000 mètres intensifiant le pouvoir d’érosion des cours d’eau sur l’ensemble des territoires à son pourtour.
La formation du Grand canyon du Verdon, résultat d’une conjonction entre tectonique, surrection, abaissement du niveau marin et érosion, est donc liée à un ensemble de causes agissant depuis quelques millions d’années. On estime que l’érosion du fond de la gorge continue à une vitesse de l’ordre de 1,5 centimètre par siècle.

 

Christophe GILBERTON

Source : Guide des curiosités géologiques de France – François Michel – Editions Belin

Les gorges du Verdon

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