La mésange charbonnière

Portrait Mâle et femelle présentent une tête et une gorge noires avec des joues blanches, un ventre jaune barré par une cravate noire, un dos et un croupion vert olive.


Envergure 21 à 23 cm


Habitat Forêts claires, haies, bosquets, friches arborées, vergers, parcs et jardins.


Reproduction La mésange charbonnière tapisse d’un volumineux garnissage de mousse et d’herbes sèches un trou d’arbre ou de mur. Souffrant de crise chronique du logement, elle accepte facilement les nichoirs, mais peut squatter des endroits improbables comme les boîtes aux lettres ou les regards de béton. La femelle pond et couve seule de 7 à 11 œufs, et peut assurer jusqu’à 2 couvées par an.


Nourriture Les insectes, araignées et autres invertébrés chassés en été sont complétés par des baies et des graines en hiver. Sur la mangeoire, elle apprécie les matières grasses, les graines de tournesol, les cacahuètes riches en huile, les déchets de viande crue ou cuite si elle n’est pas salée.


Présence Elle est présente toute l’année dans nos régions, sédentaire en été et devenant erratique en hiver.


Cris et chant Son appel est une sorte de « pink-pink » assez semblable à celui du pinson des arbres. Le chant est une variation infinie sur deux notes, un « tititu » très reconnaissable.


L’oiseau des boîtes aux lettres, voilà comment aurait pu être baptisée la mésange charbonnière, si la distribution d’un courrier avait existé à l’époque de la formation des noms communs d’oiseaux dans notre langue.
En effet, cet oiseau cavernicole, c’est-à-dire nichant dans les trous des arbres et non dans les grottes, subit souvent une grave crise du logement qui l’incite à squatter des locaux alternatifs, parfois très surprenants.

La mésange est un animal des milieux semi-boisés. Elle disparaît du cœur des forêts profondes comme des plaines où les les arbres se font rares. Aussi trouve-t-elle des conditions particulièrement favorables dans les parcs et les jardins des villages comme des villes.
Mais si, en forêt, les trous de pics ou les caries dues à la chute d’une branche sont assez nombreux pour la loger, si, à la campagne, les nombreux arbres têtards fournissent également des cavités à profusion, dans les jardins aux jeunes plantations ou aux arbres régulièrement entretenus, ces dernières se font rares. Alors, la mésange se rabat sur tout ce qui peut ressembler à un trou d’arbre, même si le confort laisse à désirer.
Ce comportement lui coûte cher en présence de poteaux métalliques creux utilisés par les lignes téléphoniques. Incapable de grimper le long des parois lisses, elle se fait piéger.

Précieux nichoirs

Fort heureusement pour les mésanges, des cavités artificielles de nidification ont été mises au point, dès le XIXe siècle, par les forestiers allemands pour résoudre cette crise du logement. Nos oiseaux les acceptent très facilement, voir les préfèrent aux cavités naturelles. Il est vrai que ces nichoirs, quand ils sont de construction soignée avec des matériaux de qualité, offrent un confort égal aux trous des arbres.

Orientez le trou d’entrée à l’opposé des vents dominants, c’est-à-dire vers l’est ou le sud-est sous nos climats. Ce trou doit être calibré selon la taille de l’oiseau, empêchant les prédateurs plus gros de s’y introduire et réservant chaque nichoir à une espèce précise : 26 mm de diamètre pour les mésanges bleues, 32 mm pour les charbonnières, 36 mm pour les moineaux, 40 mm pour les étourneaux. Le nichoir doit être nettoyé chaque automne par le jardinier, permettant sa réutilisation d’une année sur l’autre par les oiseaux.

Attachée au terroir

La mésange charbonnière est une casanière qui bouge très peu. Dès l’automne, les mâles commencent à chanter pour marquer leur territoire. En fait, certains adultes parviennent à garder le leur d’une année sur l’autre. En hiver, au moindre rayon de soleil un peu chaud, le chant retentit avec vigueur et, à l’approche du printemps, le concert commence dès l’aube.

L’oiseau semble fragile, petite boule de plumes sans défense. Pourtant, comme le rouge-gorge, c’est un agressif, prêt à batailler physiquement pour imposer ses droits. Quand un mâle contrôle un territoire, il affirme ses prétentions par des chants inlassablement répétés. Qu’un intrus s’approche et il pousse des cris perçants, traduisant sa colère et son excitation. Si l’adversaire ne fuit pas, chacun essaie d’intimider l’autre en se dressant sur ses pattes. Dernier stade de l’altercation, les protagonistes en viennent au combat réel, se donnant des coups d’ailes et de bec, jusqu’à la fuite de l’un des deux.

La fidélité au territoire n’est pas absolue chez toutes les mésanges. Certaines, à l’automne, deviennent erratiques. Elles forment le matin de petites bandes divaguant à la recherche de leur nourriture dans les bois et les vergers, et se séparant le soir, chacun allant dormir dans son coin.

Une fécondité exceptionnelle

La mortalité hivernale des mésanges charbonnières est très élevée. un ornithologue hollandais a calculé que près de 9 individus sur 10 meurent avant leur premier anniversaire, et qu’un adulte sur deux disparaît chaque année. Si un individu en liberté atteint l’âge canonique de 9 ans, la plupart vivent environs 2 ans et déjà rare sont ceux qui atteignent 3 ans.

Si les mésanges sont toujours aussi nombreuses autour de nous, c’est qu’elles compensent chaque année les pertes par un nombre élevé de jeunes. Les pontes dépassent souvent 10 œufs , et il peut y en avoir 2 par an, bien que la seconde ne concerne qu’un quart des couples. L’exploit est d’importance.

Une mésange charbonnière pèse en moyenne 18 grammes, un œuf 1,8 grammes. Une ponte de 10 œufs représentent donc le poids de la femelle. Comme ils sont pondus à un jour d’intervalle chacun, imaginez la quantité de nourriture qu’elle doit absorber durant ces 10 jours pour entretenir son métabolisme et produire les œufs.

 

Christophe GILBERTON

Source : Les oiseaux du jardin – Flammarion

Mésange charbonnière
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