Je suis actuellement à Russan, au Nord de Nîmes, en convalescence.

Je suis parti de Drap, au nord de Nice, le 17 juin dernier. J’ai marche 13 jours de suite et traverse les Parcs Naturels Régionaux du Verdon et du Luberon avant de m’accorder une semaine de repos (un peu forcée car j’attendais un colis) chez des amis.

Je fus particulièrement marqué par ces petits plateaux vides de toute trace d’anthropisation, sur lesquels on rencontre chevreuils et autres serpents, et auxquels on accède après une montée brutale. Je pense notamment au « Plan de la Noves » dans l’arrière pays provençal.

Ensuite, je ne peux ignorer le grand Canyon du Verdon et le fameux sentier « Martel Blanc », du nom des deux premières personnes qui l’ont emprunté au début du siècle.

En pleine journée, c’est une autoroute à promeneurs, mais a la fraîche, c’est a dire en partant avant le lever du soleil, c’est un régal. Le sentier longe l’abrupt rocheux, emprunte quelques tunnels dans lesquels on ne progresse qu’à la lampe torche, ainsi que les célèbres Echelles de la Breche Imbert (qui montent à la verticale sur plusieurs dizaines de mètres). Toujours sur ce même sentier, j’ai croisé de nombreux cervidés et vécu un de mes plus grands moments de naturaliste amateur : je me suis arrêté au niveau d’un virage pour boire quelques gorgées d’eau et manger un morceau. Et la, dans une vision symbolique pure, j’ai aperçu un chamois un peu plus loin, au niveau d’un autre virage a environ 10 mètres. Lui ne m’avait pas vu et petit a petit il s’est approché, broutant de ci de la quelques jeunes pousses de divers végétaux, et c’est arrivé à 3 ou 4 mètres de moi qu’il s’est rendu compte de ma présence. La où ce fut symboliquement pure, c est qu’il ne fut pas effrayé. Immobile tous les deux, nous nous sommes regardés droit dans les yeux pendant de longues secondes, avant qu’il ne reprenne son chemin en prenant le soin de me contourner. Encore un peu et je lui tendais la main, nous faisions connaissance, et nous aurions marche ensemble jusqu’au bout du périple.

Mis a part ce Grand Canyon du Verdon, avec ses abrupts hauts de plusieurs centaines de mètres arpentés par les Vautours Fauves, il y a donc eu le Signal du Grand Marges (à la sortie du Grand Canyon) culminant à plus de 1600 mètres d’altitude (ma première véritable ascension) et la Grande Crête du Luberon longue de plusieurs kilomètres à environ 1000 mètres d’altitude.

Tout cela donc, en 13 jours de marche.

A la suite de ma semaine de repos, j’ai traversé le Parc Naturel Régional des Alpilles, qui porte très bien son nom. Une zone paysagère qui fait office d’exception après la garrigue. Je n’ai malheureusement marché que trois jours car si les douleurs des 13 premiers jours avaient disparu après la semaine de repos, une nouvelle est apparue au niveau du tibia gauche. Les raisons de ces douleurs à répétition sont certainement du au rythme que j’ai impose à mon corps. Avec des étapes de minimum 30 km par jour voire 35, une de 50 km et deux de suite à 40 pour traverser les Alpilles, j’ai oublié d’écouter mon corps.
Résultat, après la traversée des Alpilles, j’ai à nouveau pris 5 jours de repos pour repartir avant hier du Pont du Gard (beaucoup trop touristique à mon gout), L’édifice étant complètement dénaturé par une sorte de centre commercial lui étant dédié à proximité.

Et toujours malheureusement, cette douleur au tibia s’est à nouveau manifesté et je suis de nouveau à l’arrêt depuis une journée, en ne sachant que faire.

La démarche sportive a donc pris le pas sur la démarche culturelle. Et même si cela est plaisant, je pense passer à côté d’une dimension de mon voyage.

J’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes, personnages et personnalités vraiment intéressantes.
Le soir, en arrivant dans le village, je fais des rencontres et de fil en aiguille, on me propose une douche voire le repas et la nuitée. Parfois même, sans que je ne demande rien, on m’interpelle, simplement parce que j’ai un gros sac, et on m’invite à venir me reposer et passer la soirée.
Ce fut le cas à Saint Martin de Pallières où je fus reçu comme un roi ainsi qu’à Russan (où je suis actuellement). D’autres fois je dors ou je peux, et plante la tente un peu n’importe où : sur le bord de la route, dans des camping déserts.

Je me suis fait quelques belles frayeurs également, en perdant le balisage rouge et blanc du sentier de Grande Randonnée, et donc en empruntant des pistes caillouteuses (pierriers) raides, non balisées, glissantes. Des passages extrêmement dangereux physiquement mais atteignant également le moral. Et dans ce genre d’aventure le moral est déterminant.

Je me suis perdu dans les Alpilles, et à deux ou trois reprises dans la garrigue où je me suis retrouvé à couper à travers la végétation, les toiles d’araignée, les nuages de cigales sans savoir où j’allais réellement. La garrigue, je n’en peux plus.

Voila, ce qui m’attend désormais, ce sont les Cévennes et le Mont Aigoual, haut lieu de la géographie française car soumis à des conditions météorologiques extrêmes, et limite de bassin versant du Rhône et de la Garonne. Puis le Parc Naturel du Haut Languedoc, et les Pyrénées que j’attends avec impatience, pour prendre un peu d’altitude et je l’espère un peu d’air frais. Car si le temps est au beau fixe, avec quelques orages par ci par là, la chaleur est omniprésente mais heureusement atténuée par le mistral (qui paradoxalement chasse aussi les nuages).

Je n’ai pas réussi à faire plus court mais il faut savoir que je pourrais en dire bien plus.

Quelques chiffres pour terminer. un mois de voyage, deux semaines de marche effective pour deux de repos force, pas loin de 600 km parcouru. A l’avenir, je vais tacher de réduire la longueur de mes étapes pour être plus régulier.

A très bientôt pour d’autres nouvelles.

Vianney

Quelques nouvelles après 1 mois de voyage [Vianney Fouquet]

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