William Traisnel sur le Grand Sentier de France - Tour de France à pied

William Traisnel nous donne des nouvelles de son tour de France à pied sur le Grand Sentier de France – Message du 17 mars 2019.

« Salut à tous,

Je reviens vous donner des nouvelles, je ne suis pas mort, du moins pas encore.
Bon trêve de plaisanterie. Je me trouve actuellement dans la petite ville de Savenay. J’ai posé ma tente dans un petit coin d’herbe en plein milieu de la ville, à moins de 5 mn à pied du centre ville.

J’ai attendu la nuit pour me faire discret. Et puis faut dire ce qui est, j’avais surtout la flemme de sortir de la ville pour devoir y revenir demain matin.
Du coup demain, je dois passer à la poste, mon père m’a envoyé une multiprise USB pour pouvoir charger tous mes appareils en même temps, ça me manquait cruellement, surtout avec 6 trucs à charger avec un seul chargeur.
Et de même autre chose m’attend dans un point relais pas trop loin, je vais vous expliquer plus en détail dans la suite du texte.

Bon, sinon je vais bien, depuis la dernière fois, disons que pas mal de choses ont changés.

Dans un premier temps, j’ai fait des rencontres extraordinaires. Ca a commencé à Saumur avec Ariane, qui m’avait envoyé un message dans les commentaires pour qu’on se voit.
J’ai pu prendre une bonne douche chez son compagnon et un bon repas avant de repartir dans l’après-midi.
D’ailleurs, elle part début avril sur le GR4 en partant du sud, dans l’objectif de le faire entier (1 470 km).

Ensuite, un peu plus loin, je ne saurais pas vous dire la commune, j’ai croisé le chemin d’un couple formidable qui tient une chambre d’hôte. Je leur ai demandé si je pouvais charger mon téléphone chez eux pour la nuit, en comptant pour ma part dormir dehors pas loin, mais ils m’ont offert l’hospitalité, et j’ai passé une nuit formidable grâce à eux.

« Ensuite ». Ce mot va sonner comme une répétition, mais la flemme de trouver des synonymes, il est tard, faut pas déconner.

Ensuite, du coup, je suis arrivé à Chalonne sur Loire, et là, j’ai encore été invité par Ariane, mais chez sa mère cette fois-ci. J’ai dormi chez elle, et elle m’a donné une adresse sympa, « un restaurant associatif nommé le Tintamarre » où je pouvais manger le midi pour pas cher.

D’ailleurs, je n’ai pas précisé, mais juste avant d’arriver à Chalonne j’avais une douleur au genou droit, du coup je savais qu’il fallait que je me trouve un endroit où me poser une nuit de plus sans marcher.

Du coup, au Tintamarre, j’ai fait des rencontres extraordinaires. Il y a eu un élan de générosité dans ce restaurant qui m’a scotché. Je garde un souvenir magnifique de ces rencontres.

Par la suite, pour me reposer une journée, j’ai dormi chez Ljudmila, rencontrée au Tintamarre. D’ailleurs, je tiens à préciser qu’à chaque fois où j’ai dormi chez quelqu’un, à aucun moment, je n’ai demandé à la personne à être hébergé. On m’a proposé, et j’ai accepté, mais la démarche ne venait pas de moi, et c’est mieux comme ça je trouve, comme ça j’ai pas l’impression de m’incruster et de déranger.

Ensuite, j’ai encore dormi chez Ljudmila le lendemain, mais dans une autre commune. Elle a deux maisons, et elle m’a proposé. Du coup, j’ai marché la journée, et je l’ai rejoint chez elle.

Ensuite, par hasard, j’ai rencontré Samuel sur la route. Il s’était arrêté parce qu’il pensais que je voulais qu’on m’emmène, mais non…
Il m’a proposé de m’héberger Il m’a donné son adresse et je l’y ai rejoint à pied pour ne pas tricher.
Avec Samuel, on a beaucoup parlé parce qu’il a fait un road trip, le tour d’Europe, et on a beaucoup échangé. Et du coup, il m’a dit que son moyen de dormir fétiche était le hamac, et qu’il s’en séparait plus, peu importe où il va. Il a une tente aussi, mais son hamac, est vraiment ce qu’il utilise tout le temps, pour des raisons de confort et de rapidité.

Du coup, j’ai eu envie d’essayer. Bien sûr il ne faut pas de pluie, sinon craignos pour le duvet trempé. Il faut l’utiliser que quand on sait qu’il ne va pas pleuvoir, ou au pire monter aussi la tente au cas où, et sauter dedans s’il se met à pleuvoir.
Du coup j’en ai commandé un, 370 gr et je me le suis fait envoyé à Savenay. Je le récupère demain en même temps que la multiprise USB.

Ensuite, par le biais de Jordan, rencontré dès le deuxième jour de marche, j’ai eu le contact de son oncle à Nantes (encore une personne remarquablement généreuse). J’ai dormi 2 nuits chez lui. J’en ai profité pour manifester pour le climat le 15 mars. Ce jour là, j’ai beaucoup marché encore mais pour la manifestation. Du coup, je ne me suis pas avancé dans mon trajet.

Et dernièrement, j’ai rencontré Bruno. J’ai toqué chez lui pour lui demander si ça ne le dérangerait pas si je dormais dans son pré, juste en face de sa maison. En fait, il m’a dit que ce n’était pas son pré, et m’a proposé de m’héberger, et cerise sur le gâteau, il me dit « j’ai la flemme de faire à manger, je t’invite au restaurant ».
Là, j’étais un peu gêné. Mais bon, j’ai appris que quand quelqu’un te propose quelque chose en général, c’est que ça lui fait plaisir de t’offrir un truc. Alors c’est mieux d’aller dans son sens, et puis on a passé une super soirée à discuter.
La fille de Bruno fait actuellement un road trip dans le monde entier, et je pense que le fait de la savoir faire comme moi lui a fait écho.

En tout cas ces deux dernières semaines ont été exceptionnelles…

Pour faire un résumé de mon état d’esprit, après tous ces kilomètres, 610 au total, en sachant qu’il y a 3 jours où je n’ai pas marché.

Je suis pleinement conscient que je n’ai plus rien à prouver à personne. S’il y avait des gens qui doutaient de ma motivation, ils seront certainement convaincus à présent. Maintenant, il me reste le plus dur, me convaincre que je tiendrais 1 an et demi.

Je pense que c’est faisable, même dans les conditions dans lesquels je vis. Mais je ne suis jamais à l’abri d’une galère, donc on verra bien.

J’aimerai pouvoir vous partager les sensations que j’ai, par exemple, le fait que je ne sache jamais de quoi sera fait mon futur (vivre pleinement l’instant présent sans s’inquiéter de la suite), c’est incroyable, mais bon pour ça faut le vivre…

Sinon, j’ai viré quelques trucs de mon sac. Je me suis allégé de 900 gr (plutôt 250 gr, vu que je vais récupérer une multiprise et un hamac). Principalement, j’ai laissé des accessoires de ma caméra que je n’utilise pas, du miel, et quelques autres trucs comme ma boussole, crayon, stylo, carnet. Je n’ai pas de cartes papier, alors la boussole ne sert à rien.

Sinon au niveau de mes pieds, nickel, plus d’ampoules. Mes pieds sont habitués aux frottements maintenant.

Pareil, je renouvelle la démarche, si ça intéresse quelqu’un de randonner quelques jours avec moi. J’arrive bientôt en Bretagne, genre dans deux jours. Oui c’est bientôt ça.

Et dernière chose, hyper importante… J’ai pris un abonnement de musique sur mon téléphone, sinon c’est la mort. Du coup, les journées passent beaucoup mieux.

Bon allez. Je vous ai fait saigné des yeux, alors j’arrête là.

À bientôt !!!!!!! »

William

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