Le départ est donné à six heures et nous grimpons d’un pas ferme à travers les alpages humectés de rosée. Arrivés sous les pointes de la Selle et de Rasis, à partir du seuil des Plates, de formidables chaos de rocs et des cascades de pierriers définissent un décor fabuleux où l’érosion, sans interruption, a ciselé des fresques lunaires. Les vagues successives d’un océan pétrifié ont accumulé ici le désordre de leurs bouleversements cataclysmiques.

Le Col Fromage (2297 m) relie les vallées du Riou-Vert et du Christallin. En côtoyant les ravins où gronde le Cristillan, par la chapelle Sainte-Barbe, nous atteignons Ceillac, une accueillante localité où nous sommes assurés de nous ravitailler en vivres. Nous passerons la nuit au camping municipal situé à la sortie du village, sur notre passage. Nous croisons de nombreuses personnes qui nous font fête, dont une messine admirative. Elle sollicite un souvenir de nous pour la postérité. Nous subissons les feux continus de leurs objectifs. Est-ce le début de la gloire ? Je consulte mon podomètre qui m’indique que j’ai parcouru mille trois cent six kilomètres depuis le départ. Cela n’a rien d’extraordinaire.

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P.S. Mon appareil photo étant tombé en panne entre Briançon et Le Pas de la Cavale (Alpes de Haute Provence), je n’ai pas pu prendre de photos de ce secteur.

Dimanche 18 juillet 1999 – 141ème jour [Serge Laurent]

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