Fascicule-découverte de Avril | Le Grand Sentier de FranceEn 1096, est fondée au lieu anciennement dit Standalmont l’abbaye de Saint-Pierremont. C’est aux chanoines réguliers de Saint-Pierremont que revint le défrichage de la contrée d’Avril.
En 1817, Avril de Saint Genis Burey Anjou, ou Istaofer Friius, Staufer, Castrum Aprilis, village de l’ancienne province du Barrois, avait pour annexes l’ancienne abbaye de Saint-Pierremont, les fermes de Navet, Fillières et Chapelle-aux-Bois. À cette époque il y avait 555 habitants répartis dans 100 maisons.
La commune d’Avril, ou Staufer, ou Frius , reste en 1871 intégralement française grâce à la ténacité du capitaine chargé de la délimitation de la nouvelle frontière.
En 1871, Adolphe Thiers souhaitait donner de l’espace à la place-forte de Belfort devant rester française. Les Allemands, qui n’ignoraient pas la grande valeur minière du sous-sol, acceptèrent à condition de récupérer à leur profit des communes en déplaçant vers l’ouest la frontière prévue lors des préliminaires de paix signés à Versailles le 26 février 1871. Les communes de Rédange, Thil, Villerupt, Aumetz, Boulange, Lommerange, Sainte-Marie-aux-Chênes, Vionville devenaient donc allemandes. Mais Villerupt et Thil restèrent français grâce au Normand Augustin Pouyer-Quertier, ministre des Finances du gouvernement Thiers. La petite commune de Crusnes, dont le sous-sol regorgeait de minerai, avait été oubliée sur la carte-base du traité de Francfort, mais, indubitablement, de par sa situation, elle devait rester en territoire français. « Crusnes est un hameau d’Aumetz, il doit suivre le sort d’Aumetz » affirmait le commissaire allemand. « Assertion inexacte », réplique le commissaire français, le capitaine Aimé Laussedat : « Crusnes est commune indépendante depuis près de quarante ans ». Opposition énergique du Français, qui finit par obtenir gain de cause. Ce qui n’empêcha pas l’Allemand de demander une compensation territoriale : des bois situés dans la commune (française, et limitrophe de la nouvelle frontière) d’Avril, au nord-est de ce village. Alors les rapports se tendirent, le commissaire français menaça de rompre, s’obstinant à ce qu’il ne fût point question de compensation pour une cession à laquelle l’Allemand n’avait manifestement aucun droit ; il l’emporta encore : bataille gagnée, qui conserva à la France Crusnes, une commune de 600 à 700 hectares et de 372 habitants, et les bois d’Avril, la commune d’Avril restant dans son intégralité française. (Extrait du livre « La délimitation de la frontière franco-allemande » par le capitaine devenu colonel Aimé Laussedat, éditions Delagrave, Paris 1902).

Série : Grand Est – Format : 14,8 x 21 cm – 20 pages – Réf. : LO30 – Prix : 5,35 € – [Consulter]Je commande le fascicule-découverte | Le Grand Sentier de France