Hier, jour d’inaction forcée, a été peuplé de réflexions et de pensées. J’ai grande hâte de reprendre la marche. Cette aventure que je m’offre aura sans doute un impact sur cette société française qui n’a pas conscience des richesses et des atouts de son pays ?

L’aventure est aux antipodes, très loin, vers des horizons peu connus, mais lequel d’entre nous connaît véritablement son propre pays ? Nous vivons dans l’encadrement des catégories et des normes imposées, édictées, cautionnées. L’aventure n’est pas chez nous. Elle appartient au domaine réservé de ceux qui ont un nom, une notoriété, un vécu, une auréole et la légende n’appartient qu’à une élite protégée, habilitée. L’anonyme ne sera que le farfelu, explorateur de châteaux en Espagne. Chacun de nous est tributaire de ceux qui fixent la valeur et la portée des gestes accomplis. Ils en fixent le prix mais ils n’en sont ni les acteurs, ni les auteurs, ni les créateurs ! Ils jugent et méjugent, prennent la lune pour le soleil et font croire à tous que les lampadaires qui éclairent leur intelligence sont des galaxies. Finalement, ai-je besoin de ces gens-là pour agir et faire selon ma volonté, mon vouloir ? Où tout se vend, où tout s’achète, nos devons préserver notre âme. Les rois avaient leurs fous, leurs poètes pour atténuer leur omnipotence. Les gouvernances actuelles favorisent la bête de somme, esclave de la production mirifique et l’on trime sans espoir pour un monde sans rime.

Aujourd’hui, je suis seul maître à bord pour naviguer dans un chenal dont j’appréhende la prochaine fermeture. Je le vis, je le ressens et cette liberté fragile mais non négociable, je me l’accorde avant qu’un avenir prochain ne décrète que cette façon de vivre n’est pas tolérable et relève d’une outrecuidante anarchie.

Sous un soleil radieux, je me dirige vers le chemin rural de Chez Margoët au Malpas, passe sous le parvis de l’église Sainte-Agathe et sous les ruines mordorées de lumière du vieux château en évitant de m’égarer sur le chemin rural des Roches à Taranne qui s’éloigne à gauche.

En celte, Kal signifie la pierre, le rocher, puis le latin Calmis, dans sa forme méridionale a donné « Calvus Mons », le mont chauve sur lequel se dresse l’ancien donjon dominant le hameau du Malpas ou du mauvais passage. En ces lieux, la route et la rivière s’unissent pour obtenir leur dédouanement par le fossé d’effondrement séparant le Vuache du Mont de Musièges. Par ce débouché, le 28 février 1814, les troupes napoléoniennes sont allées au devant des armées autrichiennes pour leur reprendre Saint-Julien-en-Genevoix et les repousser aux portes de Genève. Les fracas de cette bataille épique ont été emportés depuis longtemps sous les ponts où seuls demeurent les grondements impressionnants de la cascade de Borbannaz chutant d’une cinquantaine de mètres sur les rochers polis par la puissance du débit crachant ses embruns aux alentours.

Le chemin traverse l’ancien pont dissimulé sous le nouveau pont de Pissieu, au-dessus des imposantes marmites façonnées par les eaux tourmentées du Fornant. Ce torrent force un impressionnant défilé vers la cascade dont on entend les profonds mugissements issus du gouffre où elle se précipite, éclaboussant les arches de pierre ombragées par le tablier du pont plus récent s’élançant par dessus.

Le chemin empierré dit chemin rural du Malpas à Cagny ressemble à une antique voie de diligence et s’élève sur le coteau sous les taillis des haies. Les puissants orages de la veille ont fortement détrempé les sols. Ceux-ci bavent, boueux, déliquescents et ruissellent de toutes parts.

Ma progression est freinée par une clôture de barbelés dont la chicane, trop étroite, m’interdit le passage. Je suis contraint de balancer mon volumineux sac à dos par-dessus l’obstacle. Il retombe sur le sol fangeux et détrempé où il s’écrase dans un glauque chuintement, à mon vif agacement. Je reprends mon chargement sali, maculé de terre. Cette large voie cadastrale ne devrait pas être barricadée ainsi et laissée au bon vouloir des éleveurs et des agriculteurs, peu soucieux de faciliter le libre usage des chemins historiques et ancestraux. L’appropriation légitime ou illégitime de tels cheminements est déplorable et ces voies auraient du être protégées et conservées en l’état comme un patrimoine indéfectible. Ils font partie des règles de l’humanité en tant que facteur inaliénable du droit fondamental d’aller et de venir, reconnu par les constitutions puisqu’elles englobent la liberté universelle de circuler et de se déplacer à pied. Un sentier condamné meurt et tombe sous l’égide de la propriété aux mains des boulimiques Rastignac ruraux, férus d’enclosure et friands de domaines seigneuriaux et hégémoniques comme une revanche sur les mœurs d’une royauté qui les a humiliés.

Les anciens serfs et manants, esclaves du sil et de la glaise, à l’humble condition, seraient-ils devenus ces fermiers généraux, rustres et avares, cupides et insatiables dont les contes ont généreusement relatés l’égoïsme et l’indifférence au voisin même si celui-ci est son cousin ?

Les fiefs d’autrefois renaissent sous d’autres jours et d’autres formes et sans généraliser, la sociabilité d’une ruralité en pleine évolution disparaît. Les hobereaux modernes établissent et agrandissent leurs domaines, leurs possessions et s’engoncent chez eux comme les bernard-l’hermite dans la nacre de leur prison.

La Révolution réaffecta les terres aux paysans. Ceux-ci, nouveaux riches en leur royaume, les soustraient au peuple souverain. Les fermes sont devenues des enclaves d’où les chemins d’accès sont proscrits ou barricadés. Nos campagnes ont leurs espaces semés d’impasses et de culs de sac et pourquoi pas de culs de basse-fosse sans papillons, sans coccinelles, sans bleuets, sans coquelicots, sans mésanges et sans rossignols, sans campagnols et sans écureuils. Ce monde que j’ai connu, que j’ai pratiqué à traire quelques vaches à la main dans une étable remplie de paille, à guider à huit ans, le cheval tirant la charrue dans un sillon avec ma mère domptant le socle quand il rabotait une roche ; qu’en est-il maintenant ? Moins rude et plus mécanique : certainement ; industriel et déshumanisé par l’automatisation : sûrement ! Les chemins de la visite et de la convivialité ne se croiseront plus et chacun, dans sa solitude érigée en dogme continuera de perdre ses us et coutumes. Que trouverons-nous au fond des champs et des bois ? Quelques retraites au velours moisi pour quelques ermites aveugles cloîtrés dans leur oubliette.

Le noble agriculteur est-il mort à Verdun dans les tranchées, lui qui a tant donné pour défendre le sol de la Patrie ?

J’ai aimé cette campagne où, malgré des tâches éreintantes, nous parvenions à nous échapper telle une volée d’oiseaux pour construire cabanes et repaires, faire et refaire nos guerres des boutons et exécuter nos excursions champêtres à la découverte de cités incas imaginaires. Elles s’élevaient des murgés, bosselant les champs. Les édicules des bergers en pierres sèches et les cabanes des cantonniers servaient pour les rendez-vous amoureux. Les clôtures possédaient des tourniquets pivotant sur leur axe qu’il suffisait de faire tourner pour franchir aisément les enclosures des prés.

Qu’en est-il du défenseur de la ruralité, des campagnes accueillantes et des ruraux amicaux ? En dehors d’une production effrénée, qu’en est-il de la réflexion si elle ne mène pas à une saine exploitation des ressources, à une modération des excès et des gaspillages, à un inventaire réfléchi des espaces et des productions, à un partage sensé et pensé des occupations et des paysages ?

Lorsque l’exploitant aura mesuré le nombre d’arbres, de haies, de murets qu’il a abattu, lorsqu’il aura décompté le nombre d’hectares qu’il a fertilisé à coup d’engrais et de chimiothérapie, lorsqu’il aura comptabilisé le nombre d’espèces d’insectes et de plantes qu’il a exterminé à coup d’insecticides et de pesticides ; quand toujours plus cossu, il n’en deviendra que plus astreint, prisonnier de la vache et du veau qu’il aura du mal à nourrir sans apport calamiteux, élevant des troupeaux innombrables qu’il faudra réduire en farine animale à défaut d’abattoir, envoûté par cet amour mercantile de l’ogre à la faim inassouvie et quand il aura suffisamment acquis d’écus sonnant et trébuchant pour s’approprier les latitudes boursicotières, cet homme, qui ne doit pas devenir une généralité, fera-t-il son mea culpa pour imaginer d’autres horizons, d’autres aurores et d’autres vocations à son empire ?

L’homme court après le temps comme un lévrier au cynodrome ! Qu’il prenne le bonheur de respirer et de se traîner comme un colimaçon dans les prés, avançant en regardant et s’arrêtant pour réfléchir ; il se rendra peut être compte qu’il n’est pas le seul occupant du terrain et que l’autre, par sa différence de regard, peut être un enrichissement pour son intellect. Ainsi, l’atavisme agraire pourra s’alléger d’une salutaire érudition, l’esprit ayant plus besoin d’une ouverture pour s’épanouir que de s’encastrer aux limites de sa propriété derrière une porte fermée.

Jeudi 22 avril 1999 - 54ème jour

Tout en pestant contre les clôtures et les embarras de chemin, après avoir traversé un champ et une butte, je rejoins l’étroite route du Mont que j’emprunte au nord-est sur 800 mètres en laissant derrière moi cette épaulement isolé de la montagne de Musièges culminant à 702 mètres.

Le village de Contamine-Sarzin tirerait son étymologie d’un lointain rapport avec l’occupation sarrazine des 9e et 10e siècles et du latin médiéval « condominium » qui désigne une possession proche d’un château, réservée au seigneur et exemptée de droit.

A cette époque, tout le sud de la Loire pâtissait de la domination arabe. On s’envahit, on se mélange, on s’entretue, on s’exploite et c’est l’amour. L’expansion ne procédait que de la bataille et du pillage, récompense de l’affrontement. L’herbe est toujours plus belle dans les pâturages du voisin et l’histoire de ces temps-là n’était que l’application d’une morale illustrée par la fable du loup et de l’agneau.

Mon chemin ne pénètre pas dans le village. Il prend au nord et gagne un oratoire en forme de rocher évidé évoquant la grotte de la Nativité où s’abrite une Vierge. A 200 mètres, je me retrouve sur la route de Contamine à Marlioz, au niveau d’un carrefour à cinq branches. Je poursuis sur une étroite route goudronnée orientée au nord qui m’amène, en 900 mètres parcourus, à un virage puis plonge au nord-ouest par un large chemin au milieu des résineux. Cette suite de modestes routes traversent un paysage vallonné où prés et bois d’entremêlent en mosaïques. Je découvre que là où les sols sont trop argileux, ingrats et improductifs aux pins, l’Office National des Forêts, par un habile reboisement, a permis aux mélèzes, aux épicéas, aux Douglas, d’y croître à foison. Leurs essences variées veloutent certaines échines stériles où les rochers aux crânes décharnés s’étalent comme un ossuaire rupestre, où les troncs écaillés des résineux se dressent comme des poils rêches sur une peau sèche pour dissimuler un désert lapidaire.

Peu après, le bois de Massy m’apporte l’ombrage de ses sapins, de ses thuyas, de ses chênes rouges d’Amérique, de ses frênes et m’ouvre ses voies forestières très meubles dont une partie est consacrée à un parcours sportif. J’aborde un nouveau tronçon de route, puis une traverse dans les prés et j’aboutis sur un chemin vilipendé par les forestiers. Je n’ai pas d’autre alternative que de m’enfoncer sous les arbres et de naviguer au cap entre les taillis, les broussailles et les coupes blanches. Après une concession de bois où les troncs sciés voisinent avec les stères empilés, je m’échappe de la sphère boisée par une combe herbue et gagne l’entrée du village de La Motte. Là, vers l’ancienne fruitière, je suis accueilli par les aboiements d’un molosse qui accourt au-devant de moi comme s’il voulait m’étripailler. Je m’arrête, interloqué, peu rassuré, dubitatif sur la conduite à tenir mais l’animal en se rapprochant s’assagit. Je lui parle gentiment. Il me souhaite la bienvenue. C’est un grand chien bernois qui mesure ses soixante dix centimètres au col avec un long poil noir et feu et une soutache blanche à son poitrail. Il a une bonne grosse tête finalement bien sympathique. Il vient me flairer et décide de m’accorder sa bienveillance en me donnant un amical coup de museau sur la cuisse comme une de ces solides bourrades que l’on se donne entre copains de toujours quand on a l’occasion de se rencontrer. Brave chien ! Il ne figurera pas sur ma liste noire des cabots mal éduqués, enragés et belliqueux qu’il faut morigéner et corriger comme il convient et avec sévérité.

Ici, c’est la contrée des collines et des fermes. Je n’éprouve aucune difficulté à m’engager dans une longue étape avec, en ligne de mire, le Mont Salève que j’aperçois de la colline où s’élèvent les quelques habitations de Chez Grésat puis, de prairies en bosquets, je me rapproche de la « Grande Montagne », une de plus sur ma liste déjà étoffée. J’aborde les premières pentes au bois de Pomier après le col du mont Sion.

Je suis confronté à nouveau aux chemins déliquescents où le recul des neiges a laissé de profondes ravines, des arbres déracinés sur des talus écroulés, des rides d’écheneaux, nombreux et gavés. Les reliefs et la flore s’essorent, s’épongent, s’ébrouent de leurs guenilles d’hiver et chacun de ces haillons déchirés traînent sur mon itinéraire et, sous mes pas, rampent et s’emberlificotent en hardes glissantes.

C’est dans ce secteur que fut tué en novembre 1821, le dernier ours de la région dont la dépouille enrichit le muséum d’histoire naturelle de Genève. Je n’aurais donc pas l’insigne honneur de croiser sa descendance et de grogner avec elle !

Les montées sont rudes en raison de mon volumineux barda. Les ornières dégorgent de coulis teintés de rouille et je dérape constamment sur des tapis herbeux gorgés et spongieux. Les charmilles m’enveloppent de tous les côtés et leurs branches cannelées se rejoignent parfois au-dessus de ma tête, encore courbées et froissées par les récents frimas. Pourtant, les bourgeons commencent à poindre et éclosent en petites feuilles gaufrées et dentées qui verdissent les rameaux. Cette vitalité printanière proverbiale, cette santé excellente sont résumées d’ailleurs dans le dicton populaire « se porter comme un charme ».

Au niveau de la ferme des Convers dont je traverse l’alpage par ses innombrables coursières ficelant les coteaux, je constate avec inquiétude que le soleil jouxte déjà la ligne d’horizon. De fait, la justesse des jours me force à terminer mes étapes sans luminosité, errant en aveugle en des parages inconnus et sauvages, à la recherche d’un hypothétique abri. A cette époque, dans la montagne, tous les chalets et les granges sont inhabités, claquemurés dans une hibernation prolongée. Au-dessus de moi culmine le plan du Salève d’où dévalent des cohortes de troènes, de viornes, de fusains, de houx, de lierres terrestres, de pervenches et de lamiers jaunes dans une bousculade à la prodigalité exubérante.

Je finis par accéder à un large chemin empierré se faufilant à mi-pente où je peux reprendre mon souffle. La grimpe a été longue et rude. Je rencontre, dans cette solitude crépusculaire, une jeune femme venue jusque là pour admirer le panorama grandiose englobant le ruban majestueux et argenté du Rhône et les semis urbains de la ville de Genève. Après quelques paroles échangées, je quitte cette charmante promeneuse noctambule pour rejoindre les solides bâtiments de pierre, aux toits grisés d’ardoise de la halte de « La Thuile », à 1158 mètres d’altitude.

Les lieux sont déserts, vidés de tout habitant. Il n’y a ici aucune âme pour y vivre la période nivéale mais je dénicherai bien un renfoncement muni d’une abside rustique pour échapper aux mauvaises surprises d’une météo incertaine.

Je n’ai plus la possibilité de me hisser jusqu’au Grand Piton dans le but de me réfugier à la tour Bastian érigée au 14e siècle mais susceptible de m’accueillir sous ses hospices. J’évite également d’affronter la pointe rocheuse de la Sorcière. Un conte rappelle qu’à la tombée de la nuit, il n’est pas de voyageur assez téméraire qui ne redouterait pas une rencontre avec la vieille mégère au troupeau de chèvres noires efflanquées car, gardienne de ces endroits hostiles, elle jette ses maléfices aux passants s’ils osent s’aventurer en sa proximité.

J’installe mon bivouac sous un porche à l’auvent confortable, au sec, hors d’une humidité dite latente que mon sac de couchage renforcé et son imperméabilité garantie aurait cependant du mal à contenir. C’est dans ces moments particuliers que je regrette l’absence d’une tente appropriée. Ce matériel indispensable me fait cruellement défaut.

Je suis tenu, pour ces raisons, de me préserver de la pluie et des aléas du ciel. D’ailleurs, à l’horizon, un orage menaçant progresse et je dois me prémunir de ses débordements.

Mon installation pour la nuit est à peine terminée qu’un groupe de randonneurs surgit à l’angle du gîte et se présente devant moi. Ils viennent du village de Beaumont situé dans la vallée, au bas des falaises et accomplissent leur traditionnelle marche de nuit pour prendre un bon repas au siège de leur club « Les Amis de la Montagne et de la Nature ». Nous faisons connaissance. Il y a Jacques et Alice S…, Armand C… et Roger B… Tous les jeudis soir, ils se réunissent dans la salle principale de ce robuste refuge de pierre pour un repas puis redescendent dans les ténèbres nocturnes. Je leur dégage le parvis que je m’étais approprié et je les accompagne à l’intérieur sur leur aimable invitation. Je suis spontanément leur hôte de marque et je partage leurs agapes dans une chaleureuse ambiance, face à un bon feu de cheminée allumé pour l’occasion.

Sur leur conseil, je me résous à les accompagner au retour car pour des raisons techniques et réglementaires, ils ne peuvent pas me confier les clés de la maison. Repus et joyeux, à la clarté des lampes électriques, nous redescendons tous par le large chemin menant à Beaumont et une heure plus tard, ils me déposent à l’entrée du camping de la Colombière à Neydens. Je bénéficie ainsi de tout le confort souhaité : restaurant, dortoir, chauffage. Ce détour est insignifiant. Je pourrais reprendre mon itinéraire aisément compte tenu du peu de distance à parcourir pour le rejoindre et je me lancerai à l’assaut du Mont Salève, reposé, dans les meilleures conditions et sans prendre trop de retard.

Jeudi 22 avril 1999 – 54ème jour [Serge Laurent]

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