En randonnant sur le Grand Sentier de France dans les Alpes, vous découvrirez la Mer de Glace.
La Mer de Glace se situe au cœur du massif du Mont-Blanc. Elle est facilement observable depuis le Montenvers, accessible au départ de Chamonix.

La Mer de Glace - Haute-Savoie - Tour de France à pied
La Mer de Glace vue du balcon du Montenvers, avec, en tile de fond, le glacier de Leschaux descendant du pied des Grandes Jorasses. Les bandes de Forbes sont visibles en partie amont. On peut observer les crevasses dues aux tensions subies par la glace à l’intérieur du virage. Il y a 200 ans, le glacier remplissait la vallée jusqu’au niveau actuel de la végétation.

Située dans le massif du Mont-Blanc dont elle draine une grande partie de la surface, la langue glaciaire de la Mer de Glace résulte de la jonction de trois glaciers : le glacier du Géant/Tacul, celui de Talèfre et le glacier de Leschaux, eux-mêmes constitués de plusieurs branches d’alimentation. En hiver, l’ensemble « glacier du Géant-Mer de Glace » est recouvert de neige, et constitue le célèbre itinéraire skieur de la Vallée Blanche qui mesure une quinzaine de kilomètres de long. La découverte panoramique de la Mer de Glace est un des principaux attraits touristiques de la vallée de Chamonix : elle s’effectue depuis le belvédère du Montenvers, accessible par un train à crémaillère.

Un fleuve de glace
Le glacier du Géant - Haute-Savoie - Tour de France à pied
Le glacier du Géant, bassin d’alimentation de la Mer de Glace, vu de l’aiguille du Midi.

La Mer de Glace est l’archétype du glacier alpin. Véritable fleuve de glace, elle est alimentée par les précipitations neigeuses qui tombent tout au long de l’année au-dessus de la limite des neiges éternelles, à environ 3 000 mètres d’altitudes dans nos régions.
Hiver comme été, les masses de neige accrochées aux parois glissent et s’accumulent sur de grandes épaisseurs dans son bassin d’alimentation. Peu à peu, la neige se tasse et se transforme en glace compacte. Bien que solide, la glace est un matériau plastique. Elle flue sous son propre poids, donnant naissance à la langue glaciaire qui s’écoule jusqu’à une altitude beaucoup plus basse. Plus la pente est forte et plus la la langue glaciaire descend vite et bas, à condition cependant de disposer d’un bassin d’alimentation suffisamment important en altitude.
La Mer de Glace avançait en moyenne d’un centimètre à l’heure, soit environ une centaine de mètres par an (la vitesse à beaucoup diminuée depuis quelques années). Elle termine sa course à environ 1 500 mètres d’altitude pour donner le torrent de l’Arveyron, qui conflue avec l’Arve dans la plaine des Praz en amont de Chamonix.
Pendant le petit Age glaciaire, il y a deux siècles, la Mer de Glace descendait jusqu’au fond de la vallée, au village des Bois. Elle occupait alors toute l’épaisseur des éboulis latéraux à l’aplomb de ses rives. La ligne de jonction entre ces derniers et les surfaces occupées par une maigre végétation dessine la hauteur maximale des glaces à cette époque. En revanche, lors de la dernière grande glaciation il y a 20 000 ans, la hauteur de la glace était plus haute qu’aujourd’hui de quelques centaines de mètres.

Crevasses et séracs

Dans les virages et les ruptures de la pente, là où la vitesse d’écoulement augmente, la plasticité de la glace ne suffit pas à supporter les déformations qui lui sont imposées. Le glacier se déchire alors en ouvertures béantes, parfois très profondes : ce sont les crevasses. Localement, celles-ci s’entrecroisent et forment des blocs isolés très instables, les séracs. En été, la glace fusionne en surface et donne naissance à un torrent, la bédière, qui disparaît dans une crevasse principale, le moulin, pour s’écouler en profondeur et ressortir sous la glace au niveau de la langue terminale.

Les bandes de Forbes

Bandes de Forbes - Mer de Glace - Tour de France à piedLa langue glaciaire de la Mer de Glace présente la particularité d’être marquée par une alternance de bandes claires et de bandes sombres appelées « bandes de Forbes« , du nom du géographe qui en a proposé l’interprétation. Un ensemble de deux bandes, une claire et une foncée, correspond à l’avance du glacier sur une année, soit environ 100 mètres dans la partie centrale.
En amont de la langue, il existe une zone de séracs et de crevasses qui déchirent totalement le glacier au niveau d’une rupture de pente.
En été, les crevasses sont ouvertes et les poussières atmosphériques pénètrent dans la glace et la salissent. Le glacier avance ; les crevasses se referment ; la glace se serre et emprisonne les poussières.
Une bande sombre se forme. En hiver, tout est recouvert de neige, à l’abri des poussières. Les crevasses s’ouvrent, avancent et se referment de la même façon, mais la glace reste propre, protégée par le manteau neigeux. Une bande blanche se forme.

 

Les moraines

Moraine - Mer de Glace - Tour de France à piedDes amas de roches brisées, de graviers, de sable et de poussières fines s’alignent à la surface du glacier : ce sont les moraines. Elles forment par accumulation des débris rocheux qui s’éboulent des faces avoisinantes.
En même temps qu’il avance, le glacier transporte ces débris plus bas et les dépose en partie terminale de la langue, là où il fond. Ainsi se constitue la moraine frontale.
Si le glacier grossit, il pousse cette moraine vers l’avant. Si le glacier fond et recule, il abandonne la moraine qui s’isole dans le paysage.
Des blocs de rochers enchâssés dans la glace, aussi bien sur les côtés que sur le fond, agissent comme des lames de rabot et augmentent la puissance d’érosion du glacier.

 

Source : Guide des curiosités géologiques de France – François Michel – Editions Belin

La Mer de Glace – Haute-Savoie

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