William Traisnel sur le Grand Sentier de France - Tour de France à pied

Depuis le projet initial, on peut dire qu’il y a du changement.

« Nous » ma copine et moi devions faire ce tour de France ensemble, mais cela va se faire d’une autre manière, puisque nous nous sommes séparés.

Je ne me doutais de rien, sachant que l’idée du voyage venait de moi, j’y ai mis mes tripes, et depuis plus de 6 mois petit à petit, j’organisais ce voyage à l’aide de Christophe de l’Association Nationale du Grand Sentier de France.

De même pour le matériel, nous étions quasiment parés à partir, tout était organisé sur le fait que nous étions 2.
Et donc vous vous en doutez, rien n’est plus pareil.

Il m’a fallu au moins 2 semaines pour intégrer le fait qu’on se séparait après 5 ans de vie commune.

Mais maintenant je me remotive, parce que ce projet, j’y tiens, et je ne veux pas y renoncer à cause de quelque chose que je ne contrôle pas.

Pour parler vraiment du voyage, j’ai dû échanger, ou racheter certains matériels prévus pour 2 au profit d’autres pour 1 personne, plus léger, tel que la tente, la popote, le sac à dos, enfin pas mal de choses. Si certains m’ont été remboursés, il y a pas mal d’autres choses telles que des vêtements, les chaussures (de Marie-Julie), la tente et d’autres choses encore que je n’ai pas pu rendre.

Du coup j’ai perdu pas mal d’argent dans tout ça, mais bon, c’est comme ça.

D’ailleurs en parlant du sac à dos, j’avais opté pour un sac de capacité 70 + 10 L modèle Forclaz Trek 700 de chez Décathlon. Il était gros mais je l’avais fait exprès pour éviter que ma copine n’ait trop de poids sur le dos en prenant pas mal de chose sur moi.

Mais ceci ne s’applique plus du coup, alors j’ai rendu ce sac et j’ai opté pour un sac bien mieux pour moi tout seul, d’ailleurs même plus solide que le précédent : le modèle Forclaz Trek 900 50 + 10 L toujours de chez Décathlon.

Malheureusement, ils sont en fin de série sur ce modèle et la nouvelle série ne sera dispo qu’à partir de mi-février, du coup je vais devoir attendre.

D’après ce que j’ai pu voir sur le blog, ma démarche est particulière puisque, sauf exception, je ne vais que bivouaquer tout au long de mon voyage.

Pour apprendre à me débrouiller seul, je me renseigne depuis plus de 6 mois, que ce soit pour le matériel « ne pas avoir un sac trop lourd mais avec tout ce dont j’ai besoin » ou aussi pour apprendre à me cuisiner des trucs avec peu d’énergie type gaz ou alcool mais en mangeant équilibré (je ne parle pas de repas lyophilisé, trop cher pour un voyage de cette durée). Enfin, énormément de choses qui vont faire de ce voyage un plaisir ou un enfer, si on n’en a pas connaissance… Et j’en apprends encore tous les jours grâce à des gens beaucoup plus expérimentés ou par mes propres erreurs.

Du coup, si ça peut aider quelqu’un, je vais vous faire la liste des choses que je vais emmener et vous dire pourquoi je les ai choisi. Je vais le faire de bas en haut par rapport aux équipements portés.

1) Les chaussures, j’ai pris des Meindle Perfekt tige haute tout cuire, cousu Norvégien. Elles sont assez chères 359 € en taille 48 « Au vieux campeur » mais réparables intégralement par un cordonnier. C’est un investissement à long terme. Pour ma part, je mesure 1m87 et pèse 98 kg, mon gabarit ne permet pas aux chaussures tige basse de prendre la forme de mon pied (elles sont écrasées), c’est pour ça que j’ai pris des tiges hautes solides, afin d’avoir une matière plus résistante au poids, mais pour ce faire, elles aussi sont plus lourde et rigide.

2) les chaussettes, j’en ai pris deux paires « spéciale randonnée » qui limitent les ampoules et une paire en laine mérinos assez épaisse pour dormir les pieds au chaud.

3) Les pantalons, de randonnées simples, en matière synthétique pour un séchage rapide.

4) Sur-pantalon de pluie en cas d’intempérie.

5) Sac à dos, c’est un volume de 50 L + 10 pour la poche supérieure. C’est un volume largement suffisant. Ne pas prendre plus parce qu’on est toujours tenté de prendre plus de matos et se casser le dos.

6) Dans les petites poches sur la ceinture du sac, Lampe frontale rechargeable, couteau suisse et lampe dynamo.

Normalement on met la tente sous le sac accrochée par des sangles mais moi je ne l’ai pas fait. Je vous le dis quand même, ça peut servir.

7) Poche du bas dans le sac, les vêtements de rechange. J’applique le système des trois couches donc tee-shirt synthétique, pull synthétique, doudoune et coupe-vent si nécessaire. Pour le reste, chaussettes, gants, bonnet, serviettes microfibre, tout ceci est maintenu au sec dans une poche étanche de 15 L, de laquelle, je peux chasser l’air en la comprimant pour optimiser la place.

8) Poche centrale dans le sac, poche à eau de 2 L dans son compartiment le long du dos.

9) De même, le long du dos, la tente. Elle est assez petite pour rentrer dans le sac, c’est le modèle trek 900 ultra light de chez Décathlon. On peut y ranger notre sac à l’abri entre la partie chambre et la partie toit.

10) Au fond du sac, j’ai ma popote en inox dans laquelle est rangé mon réchaud type camping-gaz, des couverts et un petit bol. J’en ai pas pris une en aluminium parce qu’une consommation répétée dans ce métal peut présenter des risques pour la santé. Après il n’y a que 20 grammes d’écart mais ça vaut le coup de se poser la question pour sa santé.

11) La bouteille de gaz, camping-gaz. Il y a en a plusieurs tailles, tout dépend de vos besoins.

12) Poncho de pluie ou cape de pluie. Il recouvre l’entièreté de mon sac à dos quand je le porte. C’est vraiment quand il pleut sévère, sinon j’utilise mon coupe-vent pour moi et une housse de pluie pour mon sac.

13) 1 boite étanche de 600 ml. Elle me sert à conserver la nourriture au sec mais surtout à cuisiner. Par exemple, vous voulez manger des lentilles, c’est un repas riche mais problème votre réchaud n’aura pas assez de gaz pour faire bouillir de l’eau 40 mn non-stop. Donc vous mettez vos lentilles à tremper dans l’eau froide dans une boite étanche le matin pour le soir et le soir, vous n’avez pas à les cuire mais seulement à les réchauffer. On passe de 40 mn à 5 mn sans gaspiller du gaz. Je suis très content d’avoir découvert cette technique sur Internet parce que c’est vraiment fou quand on y pense.

14) Une boîte légère d’un demi-litre réservée aux fruits secs.

15) Un oreiller gonflable modèle Helium Pillox de Décathlon. Il est léger mais surtout hyper confortable. On peut retirer sa housse pour la laver.

16) Un sac à viande en soie.

17) Ma trousse de toilette, alors là vous allez être surpris ou pas d’ailleurs. Elle est hyper simple : brosse à dents, savon d’Alep et gant en microfibre. Et c’est tout.

Pour tout le reste, genre coupe ongle, pince à épiler j’ai un couteau Suisse hyper complet. Et sinon, je ne prend pas de déodorant ni de dentifrice, je me brosse les dents aux savon d’Alep.

18) Ensuite on passe aux poches de coté. Je ne vais pas vous dire dans quelle poche de côté exactement, parce que ça on s’en fiche un peu.

  • Trousse de secours, c’est important qu’elle soit à portée de main.
  • Papier toilette pareil, on n’est pas à l’abri d’une envie pressante.
  • Couverture de survie.
  • Un pare vent en aluminium.
  • Du sel et du sucre, très important, surtout le sel, on en perd beaucoup en transpirant. Je les ai mis dans des récipients à épices légers calés bien au fond de la poche.
  • Filtre à eau marque Sawyer, inépuisable. Il me durera toute la vie. Il peut filtrer 376 000 litres d’eau d’après le fabricant, l’équivalent de 16 vies, rien que ça.
  • Petit kit de réparation composé de gros fil avec une grosse aiguille, de la colle faite pour le matériel de bivouac et une paire de lacets neuf pour mes chaussures.
  • Un pot de graisse pour cuire, pour l’entretien des chaussures avec une brosse à dents fichu pour l’étaler (très important si on veut qu’elles nous suivent longtemps).
  • Dans une des petites poches, je met ma pierre à feu seule comme ça je sais toujours où elle est. Sinon je ne peux pas allumer le réchaud, dommage.

19) Toujours sur le côté du sac mais à l’extérieur, mon tapis de sol accroché par les sangles du sac.
C’est le modèle Thermarest Z-lite de Décathlon, il isole très bien du sol, et est très léger, en tout cas plus qu’un matelas gonflable de trek classique.

20) A l’extérieur, derrière le sac, j’accroche mon panneau solaire avec des petits mousquetons.

21) Des sandales pour s’aérer les pieds fixées sur l’extérieur du sac.

22) Dans un des filets extérieur, je met mon coupe-vent et un autre un petit seau flexible très léger de 10 L pour faire ma vaisselle et ma toilette ailleurs que dans les cours d’eau afin d’éviter de les polluer.

23) Ensuite mon sac de couchage, il est rangé dans une housse étanche. Normalement, on le met dans le sac à dos mais moi j’ai fait une folie, et il est trop gros. Il prendrait trop de place, donc je le met entre le haut de la poche principale et le rabat supérieur. Il se coince entre les deux.

Pour le sac de couchage, je vous dis que j’ai fait une folie mais pour moi, c’est plus qu’important. Si vous avez froid, qu’il n’est pas confortable, ou je ne sais quoi d’autre votre aventure va être un enfer car sans un bon sommeil, on n’a pas le moral et après, tout s’écroule par la suite.

Donc moi, j’ai opté pour un sac de couchage de de la marque OHUSKY, le modèle PROUD température de confort -13C°. J’y dors en caleçon par -5 C° et c’est un régal. Il pèse 2,3 Kg, environ 1 Kg de plus que d’autres adaptés à une température limite de 0 C° mais franchement ça vaut le coup, enfin à mon humble avis.

24) La poche supérieure, alors là vient la fin. C’est ici que je mets toutes les affaires que je suis susceptible d’utiliser souvent et que je puisse sortir rapidement.

  • Une petite trousse, type écolier, dans laquelle j’ai mes câbles de chargement téléphone, batterie externe, ensuite un chargeur de piles USB pour recharger les piles de mon GPS Garmin, avec 4 piles rechargeables d’avance, et des écouteurs.
  • Du coup le GPS.
  • Au niveau des téléphones, j’ai un petit Nokia 3310, nouvelle génération, pour son autonomie de plus d’une semaine, juste pour téléphoner et envoyer des SMS et un Iphone 6 Plus que je me sers en WIFI seulement et pour prendre des photos et autres.
  • Une batterie externe rechargée grâce aux panneaux solaires ou à une prise.
  • Encore une petite trousse dans laquelle je mets un crayon, un stylo, une boussole, une gomme, un petit taille-crayon et un tout petit carnet papier.
  • Un couteau suisse vraiment bien fourni.
  • Une pochette étanche de taille A4 dans laquelle je peux ranger cartes et papiers en tous genres.
  • Ensuite un Kindle pour m’occuper l’esprit quand je ne marche pas.
  • Et en dernier une paire de jumelles.

Voilà, voilà ! Bon du coup, le résultat de tout ça c’est qu’il pèse à peu près 13 Kg sans eau ni nourriture. Et sinon, avec eau et nourriture, j’arrive à 17 Kg max. Je considère que c’est raisonnable, sachant que je vais être en totale autonomie.

Après, vous si vous n’êtes pas dans la même optique que moi, vous pouvez toujours prendre un sac de couchage moins lourd, enlever les jumelles, le kindle, prendre qu’un seul téléphone et ne pas prendre de batterie externe. Vous gagnerez facile 2.5 Kg encore. Ça ferait un sac à moins de 15 Kg, à vous de voir.

J’espère ne pas vous avoir saoulé avec autant de texte, en espérant que ça puisse servir aux débutants comme moi.

Si ça peut éviter à certaines personnes de passer des mois à comprendre certaines choses comme à moi, j’en serais heureux.

A bientôt. Mon départ est prévu pour dans moins d’un mois. »

A suivre…

Il y a quelques mois, William m’avait informé qu’il souhaitait partir sur Grand Sentier de France en prenant un chariot pour porter son sac à dos. Il l’avait commandé en kit et devait donc le monter lui même. A cette époque, il partait accompagner donc il fallait 2 chariots.

Voici les deux chariots. L’un porte très bien les charges lourdes mais il est à 10 cm du sol. Le second chariot (photo individuelle) est plus du style de ceux qui existent. Il passe mieux dans les endroits plus compliqués.

William se tâte. Il ne sait encore pas s’il va partir avec et lequel il choisira. Il est en pleine phase de tests.

Le départ de William Traisnel approche

9 avis sur « Le départ de William Traisnel approche »

  • 17 février 2019 à 6 06 19 02192
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    Bonjour William,
    Je découvre votre projet et ce dernier m’impressionne vraiment.Combien pensez-vous mettre de temps pour le réaliser?Je suis moi-même randonneur et vais débuter le GR 4 pour le parcourir intégralement.Toutes mes pensées vous accompagnent pour votre fantastique périple.
    Jean François

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    • 17 février 2019 à 14 02 32 02322
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      Bonjour Jean-François,
      William est parti pour son tour de France à pied sur le Grand Sentier de France depuis vendredi 15 février 2019. Il devrait l’effectuer entre 14 et 16 mois selon les aléas rencontrés et les jours de repos. Il a laissé un dernier message, la veille de son départ, que vous trouverez sur la page d’accueil du site. Vous pouvez suivre son aventure sur ce blog (https://tdf.grandsentierdefrance.org) ou sur la page Facebook du Grand Sentier de France (https://www.facebook.com/gsftdf).

      Christophe
      Chargé de communication du Grand Sentier de France

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  • 14 février 2019 à 15 03 00 02002
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    Curafix ou équivalent pour protéger les parties sensible du pied des ampoules, au moins au début.
    Conseil d’une pélerine.
    Bon chemin

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    • 14 février 2019 à 22 10 19 02192
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      Merci du conseil, j’en ai merci, j’utilise aussi des pansements spéciaux ampoule très épais pour éviter les frottements et garnis d’un gel anti douleur, ils tiennent facile trois jours mêmes avec la transpiration.
      Par contre c’est 10€ les 5 chez décathlon, c’est un peu cher…

      William

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  • 29 janvier 2019 à 17 05 21 01211
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    Bonjour, je decouvre tout juste cette association pensant moi meme preparer un voyage potentiellement, et c’est fou tout ce a quoi il faut penser ! Merci de partager tes preparatifs, j’ai hate de suivre ton aventure.

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    • 30 janvier 2019 à 11 11 48 01481
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      Salut,
      Oui il y a beaucoup de choses, mais tout n’est pas forcément nécessaire, ça dépend si tu veux faire le Tour de France, une portion, si tu veux bivouaquer ou aller de gîte en gîte, en fonction de toutes ces options, ton sac pourrait facilement s’alléger grandement.
      Par exemple si tu veux randonner entre une dizaine de jours et un mois par exemple, et que tu veux aller de gîte en gîte, ton matériel de couchage ne sera pas nécessaire, pareil pour ton matériel de cuisine, enfin, tu pourrais facilement te retrouver avec un sac beaucoup plus petit et beaucoup moins de choses à porter.

      Tiens nous au courant pour ton potentiel voyage.

      À bientôt

      William

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      • 12 février 2019 à 15 03 04 02042
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        Merci beaucoup pour ta reponse !
        N’ayant pas d’experience je pense que ce serait plutot de gite en gite, aussi bien pour l’aspect securite que poids du sac… mais je regarde un peu toutes les options 🙂

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        • 14 février 2019 à 22 10 22 02222
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          Tu as raison prends le temps de bien y réfléchir, après si tu le souhaite rien ne t’empêche de partir 3 jours et de tester les 2 options pas loin de chez toi

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          • 18 février 2019 à 18 06 35 02352
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            Oui c’est vrai ! c’est sans doute mieux de ne pas etre trop ambitieuse pour debuter.

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