Après le Parc national du Mercantour, continuons la découverte des parcs nationaux par celui de la Vanoise que le Grand Sentier de France emprunte.
Le Grand Sentier de France traverse 14 des 29 communes de ce parc national.

Parc national de la Vanoise - Auvergne-Rhône-Alpes - Savoie

 

Carte de la situation du parc national de la Vanoise en France

Fiche d’identité
Créé le 6 juillet 1963 en Savoie (Auvergne-Rhône-Alpes)
29 communes
Zone centrale : 53 000 ha et 0 hab. permanent
Zone périphérique : 145 000 ha et 30 516 hab.

Situé entre les hautes vallées de la Maurienne au sud et de la Tarentaise au nord, le parc national de la Vanoise couvre 53 000 ha. Il englobe des montagnes élevées, culminant à plus de 3 800 m, sur lesquelles subsistent de nombreux glaciers. Deux grandes rivières y prennent leur source, l’Arc, qui sillonne la Maurienne, et l’Isère, qui parcourt la Tarentaise. Leurs tracés se rejoignent et évoquent alors sur la carte la forme d’une « poule », au sein de laquelle se trouve le parc. Le col de l’Iseran, un des points stratégiques du parc, permet, à 2 764 m, le passage entre les deux vallées.
Territoire contrasté, le massif est par ailleurs parcouru de vallons verdoyants, ouvert sur de larges cols d’un accès facile pour le randonneur. Abritée des pluies par les Préalpes et la chaîne de Belledonne, la Vanoise connaît un climat plutôt sec et ensoleillé. La variété de ses roches, sa position de carrefour climatique contribuent à la remarquable diversité des milieux du massif.

 

Les adrets de Maurienne


 

Les forêts sèches occupent une place importante, aux abords immédiats du parc national, dans la vallée de la Maurienne, au sud du massif de la Vanoise. Elles s’étendent à perte de vue, notamment sur Bramans, Sollières et autour du monolithe de Sardières. Leur végétation, composée de pins sylvestres, de pins à crochets et d’épicéas, révèle un climat spécifique. Les secteurs d’Aussois et d’Avrieux sont parmi les plus chauds et les plus secs de la Savoie. On qualifie à ce titre le climat de la haute Maurienne de subméditerranéen.

Haute vallée de la Maurienne

Des milieux d’intérêts européen. Ce climat se traduit aussi par la présence de pelouses sèches ou « steppiques », dont la plante dominante se nomme « stipe pennée ». Très exposées, ces pelouses subissent des conditions extrêmes. La floraison, précoce, a lieu au printemps et non à l’été, puis redémarre en automne. Ces milieux secs particuliers sont reconnus d’intérêt européen. Les adrets de haute Maurienne abritent également une grande richesse ornithologique.
Bien représentés, les bruants ne compte pas moins de quatre espèces : le bruant jaune, le bruant fou, le bruant zizi et le bruant ortolan, rare et protégé.

 

Les lacs d’altitude au départ du Plan du Lac


 

Au nombre d’une trentaine en Vanoise, la plupart des lacs de montagne doivent leur origine à des mouvements glaciaires.
Selon le climat, l’altitude et leur ancienneté, ces lacs se répartissent en différentes catégories. Le lac de l’Arpont, situé à 2 600 m au pied du glacier du même nom, face à la Dent Parrachée, est un lac « polaire ». Un véritable bouclier de glace (jusqu’à 2 m) maintient l’eau dans l’obscurité pendant plus de 10 mois, à des températures particulièrement basses. Les lacs polaires se caractérisent par une absence  de végétation aquatique, de poissons et par la présence de matières minérales en suspension qui leur donne un aspect laiteux. D’apparition récente, ils sont encore souvent en contact avec l’appareil glaciaire. Le lac de Lanserlia, à 2 750 m, sous la pointe de Lanserlia et le Grand Roc noir, est lui un lac « froid », marqué par son aspect limpide. Cette catégorie connaît des des conditions moins extrêmes que celles des lacs polaires, mais encore très rudes. La température de l’eau ne dépasse guère 9°C en été, et la couverture de glace persiste environ 8 mois.

Lac des Vaches - La Vanoise
Lac des Vaches – La Vanoise

Le bassin versant des lacs froids est dominé par des roches peu altérables (schistes, gneiss…), ce qui explique la faible minéralisation de l’eau. On trouve dans ces lacs un début de végétation et quelques invertébrés (larves d’insectes, crustacés…), mais la vie y est encore limitée. Le lac du Plan du Lac s’étale, lui, à 2 350 m d’altitude, devant l’impressionnante face sud-est de la Grande Casse, le dôme de Chasseforêt et les aiguilles des Glières. Situé près du refuge du même nom, il fait partie des lacs de « pelouse », comme environ un tiers des lacs de montagne. Soumis à des conditions plus clémentes, il forme un écosystème aquatique complet. La nature du bassin versant, où les pelouses sont dominantes, influe directement sur la vie du lac. L’enrichissement du milieu aquatique par une plus grande minéralisation (dissolution des roches) permet notamment la présence d’une végétation aquatique, tels les potamots, le rubanier – typique avec ses longs « rubans » qui ondulent à la surface de l’eau -, la renoncule aquatique, mais aussi d’espèces fixées, tels les joncs.

 

Le vallon de la Rocheure


 

Les alpages de Termignon en zone centrale du parc. La commune de Termignon est aujourd’hui encore fortement marquée par l’agriculture, et les paysages du parc portent l’empreinte de cette activité traditionnelle. L’organisation de la vie agropastorale a modelé le paysage par un système d’exploitation étagée des pâturages, au fur et à mesure de la fonte des neiges. La « montagnée », ou montée en alpage en juin, se fait progressivement, tout comme la « démontagnée », redescente en vallée en septembre, aux premiers froids. Les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise ont développé chacune une conception différente de l’alpagisme : système familial en Maurienne, où les troupeaux sont plus importants, et « fruit commun » en Tarentaise, qui rassemble plusieurs troupeaux en alpage. Peu à peu la profession s’est organisée collectivement pour de meilleures conditions de travail et pour préserver une vie pastorale riche, source de produits de qualité, tels le Beaufort et le bleu de Termignon.

 

Maurienne


 

Les roches gravées, traces anciennes de l’homme en altitude. Beaucoup de roches à cupules sont disséminées en Maurienne, dans les alpages et les pierriers, jusqu’à parfois 3 000 m d’altitude. On pourrait croire que les cupules (petites cavités hémisphériques) sont dues à l’érosion, mais elles ont été façonnées par l’homme, sans doute au néolithique. Il semble que la présence de celui-ci ait d’abord été motivée par la chasse. Puis les troupeaux sont venus transhumer en ces lieux.
D’autres roches portent des gravures plus évocatrices : croix datant probablement de l’ère chrétienne, outils, scènes guerrières ou de chasse, animaux (bouquetins, moutons, chiens…). La protection de ces témoignages menacés par l’érosion et le piétinement est l’un des objectifs du parc.
Sur Termignon, la dalle de Vallonay a été enterrée après un moulage qui permettra de l’exposer dans de meilleures conditions aux visiteurs. La roche aux Pieds à Lanslevillard sera également préservée du piétinement par l’installation d’un escalier d’où l’on pourra observer les gravures sans les fouler.

La roche aux Pieds à Lanslevillard - Savoie
La roche aux Pieds à Lanslevillard – Savoie

Architecture de la reconstruction d’après-guerre. Le village de Termignon, comme celui de Bessans, a subi des dommages importants lors de la Seconde Guerre mondiale. Beaucoup de maisons ont été complètement détruites. Au sortir du conflit, il a donc fallu rebâtir la plus grande partie du village. Les aides de l’Etat pour la reconstruction, qui étaient évaluées en fonction du volume des tas de pierres visibles sur le terrain, ont été importantes, du fait de l’épaisseur imposante des murs de constructions de haute Maurienne, adaptés à un climat rigoureux. Ceci explique la taille élevée (plusieurs étages), le confort et le modernisme des maisons de la reconstruction, telles qu’on peut les observer aujourd’hui.

 

Bessans


 

Chauve-souris - Oreillard roux
Oreillard roux

Les chauves-souris dans les villages. Comme tout bon diable, celui de Bessans arbore des ailes de chauve-souris, clin d’œil du démon pour ces espèces mal aimées. C’est précisément en haute Maurienne qu’ont été identifiées les premières espèces de chiroptères de la Vanoise. Une dizaine d’entre elles fréquentent le fond des vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, parmi lesquelles la vespertilion de Natterer, la pipistrelle de Savi ou encore les oreillards gris et roux. Puisque ces mammifères volants sont protégés, il est du devoir du parc de contribuer à assurer la pérennité de leurs gîtes : clochers, grottes, granges, caves, ponts…
Les étendues d’eau, tels les étangs de Bessans ou les anciens méandres de l’Arc, qui garantissent la présence des insectes dont ils se nourrissent, sont également précieuses.

Urbanisme des villages montagnards. La configuration particulière du hameau de Vincendières, à Bessans, montre comment l’architecture et l’urbanisme de montagne se sont adaptés au milieu naturel. Les bâtiments ont été conçus et implantés pour se protéger des dangereuses avalanches de poudreuse, à souffle, qui dévalent le mont Charbonnel, en face. Le hameau est formé de trois groupes de maisons, liés au regroupement de familles. Ces habitations sont protégées au plus bas par des bâtiments collectifs : un four, un local à bois… qui implantés en courbe, forment une sorte de muraille. Celle-ci dévie le souffle de l’avalanche, qui s’écarte de chaque c^té du groupe de maisons et devient beaucoup moins destructeur.
De même, toutes les façades sont garnies de bois et de branchages souples qui protègent la maçonnerie. Pour mieux la préserver, la chapelle Sainte-Marie-Madeleine a été construite en amont. Malgré cela, le port aujourd’hui penché de son clocheton montre toute la puissance du souffle des avalanches.

 

Haute Maurienne


 

Port en coussinet de l'androsace helvétique
Port en coussinet- Androsace helvétique

L’étage alpin, une flore adaptée. Du fait de ses caractéristiques altitudinales, la haute Maurienne est marquée par la prédominance des étages alpin et nival. A l’exception des pelouses, qui occupent les milieux encore favorables à la végétation, elle présente un paysage minéral, domaine des blocs rocheux et des éboulis. Les plantes qui s’y développent croissent dans des conditions extrêmes : froid l’hiver, sécheresse l’été, parfois durant plusieurs semaines. Seuls les interstices et les fentes de rochers leur fournissent encore terre végétale et humidité. Pour survivre l’adaptation est nécessaire : de longues racines ou un port en coussinet plus ou moins dense permettent par exemple de résister à la dessiccation, au froid et au vent, tandis que le port en rosette de feuilles plaquées au sol protège de la sécheresse. Enfin, une forte pilosité ou des feuilles charnues constituent pour la plante autant de réservoirs potentiels destinés à retenir une eau rare.
Les types d’éboulis varient selon la nature de la roche, la taille des blocs, l’altitude, l’exposition et la stabilité de l’ensemble. Ainsi, les calcaires durs, qui libèrent des éléments assez grossiers forment des éboulis secs, colonisés par le doronic à grande fleurs jaunes, qui fleurit en juillet et en août jusqu’à 2 900 m. Les schistes forment des éboulis fins et humides. Bien que très mobiles, ils offrent aux végétaux, comme la saxifrage à feuilles opposées, des conditions de vie moins précaires.

Bonneval-sur-Arc. Au fond de la vallée de la Maurienne, à plus de 1 800 m d’altitude, se tapit le village de Bonneval-sur-Arc, classé monument historique. Pendant près de 36 ans, de 1955 à 1991, Gilbert André en a été le maire. Il a aussi fait partie, au début des années 1960, des pères fondateurs du parc. Alors que le monde entrait dans une phase d’industrialisation sans précédent, le projet de parc national prônait des valeurs nouvelles : la protection d’un espace de nature, exceptionnel par sa richesse et ses paysages, pour la liberté et le bien-être de chacun.

 

Le col de l’Iseran


 

Col de l'Iseran - Parc national de la Vanoise - Savoie
Col de l’Iseran

Point de vue impressionnant sur les glaciers des Evettes, du Grand Fond et de Charbonnel, le col de l’Iseran est un des grands cols de l’arc alpin. Ouverte en 1937 et inauguré par le président Albert Lebrun, il est le seul passage routier du parc.  A 2 764 m d’altitude, il assure, généralement de juin à octobre, la jonction entre les deux vallées qui encadrent le parc : la Maurienne depuis Bonneval-sur-Arc, et la Tarentaise depuis Val-d’Isère. L’été, bien plus encore que l’hiver, on remarque les remontées mécaniques du secteur du Pissaillas sur le domaine skiable de Val-d’Isère, qui marquent fortement le paysage.

 

La réserve naturelle de la Grande Sassière


 

La réserve naturelle de la Grande Sassière s’étend sous les sommets de la Tsanteleina à l’ouest et sous l’aiguille de la Grande Sassière (3 747 m) au nord.

La marmotteLa marmotte, familière et pourtant méconnue. Très présente dans la réserve naturelle de la Grande Sassière, comme dans toutes les pelouses alpines, la marmotte est l’un des animaux de la Vanoise qui se laisse plus facilement observer. Pourtant, beaucoup d’aspects de sa biologie, de sa vie sociale et de sa répartition territoriale sont restés longtemps méconnus.
Les recherches menées depuis 1990 ont permis de faire progresser la connaissance sur les relations individus/société/environnement qui régissent la vie de la marmotte au sein de sa colonie.

Le gypaète barbuLe retour du gypaète. Le gypaète barbu est réapparu au début des années 1990 dans les Alpes et en Vanoise. Il est le fruit d’une réintroduction réussie, associant France, Italie et Autriche dans un programme européen.
D’une envergure impressionnante – jusqu’à 2,80 m – cet excellent voilier de la famille des vautours peut longer durant des heures les crêtes et les flancs de vallées. Il inspecte minutieusement ravins et couloirs d’avalanches en quête de cadavres d’ongulés, dont il mange les os.

L’eau en Vanoise. Tels des châteaux d’eau, les glaciers constituent des réserves d’eau, maintenues en hauteur grâce au froid. Ils occupent environ 10 % de la zone centrale du parc. Ce sont Rhêmes-Golette dans la réserve naturelle de la Grande Sassière et, plus loin, l’Arpont, Chasseforêt, Grande Casse, Grande Motte… pour ne citer que les plus imposants. Au cours des siècles, ils ont modelé le relief et conditionné le type de végétation. L’eau qui en émane prend de multiples formes. Elle suinte et ruisselle en filets depuis le glacier, avant d’être parfois retenue par un « verrou » (creusement dû au mouvement du glacier) sous forme d’un lac. Plus loin, sur un plateau d’alluvions par exemple, elle s’écoule lentement et divague en vastes méandres. Ailleurs, on l’entend s’engouffrer avec violence dans une gorge étroite et devenir un torrent bouillonnant. Parfois, en terrain calcaire, l’eau absorbée disparaît dans des failles ou diaclases du sol. Elle chemine alors dans un réseau souterrain complexe et peut réapparaître plus bas sous la forme d’un résurgence.

Glacier du mont Pourri - Savoie
Glacier du mont Pourri – Savoie

Cette eau abondante, si elle s’écoulait librement, serait omniprésente en Vanoise. Mais l’homme l’a confisquée en s’appliquant, chaque fois que possible, à la capter pour son usage. Des galeries EDF ont été creusées un peu partout dans le sous-sol du parc, tandis que de nombreux ouvrages – barrages de la Grande Sassière, de Tignes, du Plan d’Amont, du Plan d’Aval…, captages, lacs de retenue – ont été construits pour utiliser ce formidable potentiel d’énergie hydraulique.

 

Rosuel


 

Porte du parc de Rosuel. Rosuel fait partie des cinq portes du parc national de la Vanoise. Le bâtiment se signale par l’aspect original de son toit qui s’apparente à une vague, étudiée pour ne pas donner prise aux avalanches. Son cadre remarquable s’inscrit entre le dôme de Bellecôte (3 416 m) et le mont Pourri (3 779 m), desquels dégringolent des cascades vertigineuses. Comme toutes les portes du parc, Rosuel a une vocation d’accueil mais a également été conçue pour permettre une transition entre vie moderne et vie sauvage.

Rosuel - Porte du parc national de la Vanoise
Rosuel, une des cinq portes du parc national de la Vanoise

L’aulnaie verte. L’aulnaie est une formation végétale dominée par l’aulne vert. Après abandon de la fauche et du pâturage, ce petit arbre s’installe sur les versants des étages montagnards et subalpins qui bénéficient d’une humidité constante, principalement en ubac. Grâce à l’avantage que lui confère sa capacité de résistance aux avalanches, il constitue progressivement, dans les secteurs avalancheux, des fourrés denses, difficilement pénétrables, qui peuvent couvrir de vastes superficies, comme à Rosuel. L’aulnaie est souvent accompagnée d’une formation végétale luxuriante, reconnaissable à ses hautes plantes : c’est la mégaphorbiée, nom dont l’étymologie traduit la grande taille des plantes qui la constituent. Parmi ces espèces, on peut remarquer l’adénostyle à feuilles d’alliaire et la laitue des Alpes.

 

Source : Guide Gallimard – Les parcs nationaux – France

Le parc national de la Vanoise
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