Bandeau Sur le Grand Sentier de France | Tour de France à pied

Astrid est partie randonner sur le Grand Sentier de France du 15 au 22 juillet 2017. Elle a débuté à Erquy (Bretagne), direction le Mont-Saint-Michel (Normandie).
Elle nous relate sa première aventure sur le Grand Sentier de France.

Un jour avant le départ

C’est la première fois que j’essaye de monter une tente seule, sinon tout est à peu près au point : j’ai les cartes, les en-cas, le chapeau en cas de soleil, le poncho en cas de pluie, les chaussures, même les tongs pour le soir, le sac de couchage de jeunesse de mon père, le tapis de sol, le nécessaire de pharmacie, j’ai noté sur un papier mon itinéraire et les hébergements prévus afin que ma famille sache tout… Plus qu’à remplir le sac !
C’est la première fois que je dois préparer un sac de randonnée, c’est un peu la galère j’avoue. Mais pour quelqu’un qui part pour la première fois, je ne me trouve pas si chargée ! 13 kg ! Une fois les réglages faits, je me dis « Ça devrait le faire ! »

Le départ d'Erquy (Bretagne) | Tour de France à pied
Le départ d’Erquy – Bretagne

Premier jour : Erquy-Fréhel

J’ai marché un peu moins longtemps que prévu, car j’ai commencé la randonnée à midi. Et oui, dès le début, les petits imprévus commencent. Mon papa m’emmène en voiture, nous nous levons à l’aube pour faire les 4h30 de route prévus. Mais nous arrivons à Erquy un samedi matin, le temps est magnifique, beaucoup de vacanciers sont déjà là et c’est le jour du marché. Donc pas facile de circuler, j’ai fait la queue devant une boulangerie qui finalement n’avait pas de sandwichs, et j’ai mis du temps à rejoindre le chemin de randonnée. Donc finalement, le départ se fait en milieu de journée et je m’arrête à 19h dans un camping, 1h de marche avant celui que j’avais prévu car je ressens déjà la fatigue (ça commence bien !).
Je suis impressionnée par la beauté du paysage autour du chemin des douaniers et j’ai commencé à longer la mer, que je vais côtoyer pendant encore 6 jours.

Deuxième jour : Fréhel- Saint-Cast le Guildo

Ma nuit en tente n’a pas été la meilleure que j’ai passée mais cela aurait pu être pire. En plus il faut remballer la tente sous la rosée, refaire le sac et ce n’est pas évident, encore moins quand on n’est pas du matin.
A 9h, je repars courageusement. Le temps est un peu couvert mais on sent que ça va se lever. Vient la lande du Cap Fréhel, magnifique avec ses bruyères violettes et ses genêts jaunes. J’atteins le Fort du Cap Fréhel vers 11h et le château de Fort la Latte vers 12h30.
Evidemment je n’avais pas prévu le déjeuner en me disant « je trouverai bien quelque chose en chemin » et la seule nourriture que j’ai trouvée a été une crêpe au sucre vendue lors d’une fête de village à Port Saint-Géran. Mais je serre les dents car cette marche est aussi une démarche spirituelle et manger peu me permet de mieux me nourrir intérieurement.
L’après-midi a été un peu longue. Je devais longer la Baie de la Fresnaye, que l’on voit en face de nous mais on se demande quand on va bien pouvoir l’atteindre. Et je commence déjà à trouver le sac lourd… Quelques rencontres, quelques kilomètres parcourus en trop à cause d’une faute d’inattention et beaucoup de fatigue plus tard, j’arrive près de mon hébergement vers 21h. J’avais réservé une chambre d’hôtes tenue par un couple très gentil et le monsieur me ramène en voiture. Lui aussi randonneur, il me dit que j’ai prévu beaucoup trop de kilomètres chaque jour et me dépose dans un petit restaurant très chaleureux, ouvert jusqu’à tard et servant une cuisine maison délicieuse. Le tout est servi par Felipe, jeune colombien très sympathique qui vit en France depuis peu.

Troisième jour : Saint-Cast le Guildo-Lancieux

La nuit dans un vrai lit confortable et une douche m’ont fait vraiment du bien. Je repars confiante mais à 15h, je suis seulement au Guildo alors que j’avais prévu de passer la nuit à Lancieux. Alors je triche un peu, mon père resté dans le coin, me dépose à Lancieux en voiture. Cela m’a permis de me reposer à partir de 16h et m’a fait vraiment du bien.
Je compte mes ampoules aux pieds le soir et me rends compte que leur nombre augmente chaque jour.

Quatrième jour : Lancieux-Dinard

Finalement, j’ai commencé la journée à 8h au lieu de 7h (c’est dur la randonnée quand on n’est pas du matin).
Je traverse de charmants villages et continue à longer la mer, le paysage est vraiment ravissant. J’appréhende un peu quand on me dit que des orages sont prévus dans l’après-midi. En plus, le poids du sac commence à me fatiguer et j’ai mal aux pieds.
A Saint-Lunaire, où j’ai mangé un sandwich, un homme me propose de m’emmener en voiture à Saint-Malo, là où j’avais prévu de passer la nuit. Je refuse car je tiens à marcher le plus possible mais un quart d’heure plus tard, je regrette d’avoir refusé sa proposition.
En effet, l’orage est bien là et une grosse averse s’abat sur moi. Heureusement que j’ai le poncho pour protéger le sac ! Malheureusement, je n’avais pas prévu que ce n’est pas facile à mettre seul. Donc mes affaires sont un peu mouillées, l’une de mes cartes n’a pas trop apprécié. L’avantage de la pluie c’est que ça m’occupe l’esprit, et elle me fait oublier la fatigue, le poids du sac et le mal de pieds.
Finalement, c’est à Dinard que je m’arrête à 17h. Ce n’était pas prévu mais je fais escale dans un hôtel pour faire sécher mes affaires.
Sur le chemin, j’ai rencontré un autre randonneur solitaire qui m’a dit que lui aussi a surestimé ses capacités et s’est trompé de route au même endroit que moi, je suis rassurée.

Cinquième jour : Dinard-Cancale

Mon itinéraire originel prévoyait que je relie Saint-Malo à Cancale mais je sais bien que ce sera impossible, en plus je suis encore à Dinard. Alors je décide que cette journée sera un jour de repos et que j’irai à Cancale en transports. Ma seule marche de la journée ayant consisté à relier mon hôtel à l’embarcadère (1h de marche tout de même).
J’embarque pour Saint-Malo (10 minutes de bateau) et j’en profite pour visiter cette ville fortifiée, très riche d’Histoire. Ensuite je rejoins Cancale par le bus de la côte, ce qui me permet d’arriver à l’auberge de jeunesse dans l’après-midi et de me reposer car je tiens à faire les deux derniers jours uniquement en marchant.
De la chambre, qui donne sur la Baie de Cancale, je vois le fameux Mont-Saint-Michel et là je me dis « ah oui c’est encore loin ! ».

Sixième jour : Cancale-Saint-Broladre

Le repos de la veille m’a fait vraiment du bien et il vaut mieux, car 35 km m’attendent aujourd’hui.
Je me lance à 8h30 et je me sens bien, moins de fatigue et moins mal aux pieds.
Dans l’après-midi, j’approche du Vivier-sur-Mer, là où pour la première fois le chemin s’écarte de la mer pour traverser la campagne qui rejoint Dol de Bretagne. J’avoue que cela me rend un peu triste, car je m’étais habituée à longer la mer. En plus, le chemin jusqu’à Mont-Dol est un peu monotone, ce ne sont que des petites routes, sans relief, entre champs et ruisseaux.
J’atteins Dol de Bretagne en fin d’après-midi, il me reste 3h de marche (c’est long !).
J’arrive à Saint-Broladre vers 19h30 en ayant un peu coupé par la route pour gagner du temps, mais j’apprends que mon hébergement est encore à 1 km du village ! 1 km c’est long quand on a mal aux pieds et avec 13 kg sur le dos !
Heureusement, à 20h j’y suis enfin : je vais passer la nuit au monastère, tenu par la Communauté des Béatitudes. Les frères et sœurs m’accueillent chaleureusement, ainsi que 3 femmes cyclistes qui passaient la nuit ici aussi.
En soirée, nous philosophons sur la valeur chrétienne de la préparation du sac de randonnée : et oui, cela nous oblige à n’emmener que l’essentiel et à nous passer du superflu ! Quand on y pense, il est vrai que beaucoup de choses dans la vie sont superflues et inutiles.

Septième jour : Saint-Broladre-Mont-Saint-Michel

Dernière journée ! Mes douleurs musculaires de la veille se sont atténuées et je pars confiante, car il me reste 25 km maximum !
Je pars à 9h30 après le petit déjeuner et l’office matinal au monastère.
Après 1h de marche, pas de chance, je perds le sentier balisé, mais je le récupère un peu après.
A 14h, j’atteins le panneau « Mont-Saint-Michel : 14 km ». Là commence le long chemin des polders : le Mont est proche mais j’ai l’impression qu’il recule ! Et je le sens dans les pieds. Sur la dernière heure, j’ai fait au moins 4 pauses.
A 16h30, je traverse enfin le Couesnon, le fleuve qui me fait entrer en Normandie et le Mont se dresse devant moi. Je crois que j’ai versé une petite larme à ce moment.

L'arrivée au Mont-Saint-Michel (Normandie) | Tour de France à pied
L’arrivée au Mont-Saint-Michel – Normandie

Conclusions

Tous les jours, j’ai prié, au moins matin et soir. Tous les jours, j’ai pu discuter avec des gens, que ce soit randonneurs, promeneurs, cyclistes, cavaliers ou habitants.
Après cette expérience, je me sens heureuse de l’avoir faite. Cela a renforcé ma confiance en moi, je me sens un peu plus intelligente qu’avant. Globalement, j’ai eu de la chance avec la météo, je n’ai eu qu’une fois une grosse pluie. Il y a eu quelques imprévus, j’ai surestimé mes capacités ce qui m’a obligée à faire une partie en transports mais globalement la semaine s’est plutôt bien passée. J’en tire des enseignements pour mes prochaines randonnées.
Cela m’a permis aussi de découvrir une région que je ne connaissais pas et de déguster les spécialités culinaires locales. J’ai pu aussi mettre à l’épreuve ma foi chrétienne, qui s’en trouve renforcée.
Plus tard, j’aimerais reprendre les parties que je n’ai pas pu faire à pied, mais aussi et surtout reprendre le Grand Sentier de France à partir du Mont-Saint-Michel et continuer, pourquoi pas avec des proches, un chien, un âne, un cheval… jusqu’à faire le tour de France complet.

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Ma première aventure sur le Grand Sentier de France [Astrid Beauseroy]
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2 avis sur « Ma première aventure sur le Grand Sentier de France [Astrid Beauseroy] »

  • 31 juillet 2017 à 9 h 59 min
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    Très courageux de l’avoir fait, j’aimerais bien l’année prochaine parcourir les bords de mer que j’adore étant moi-même originaire d’une île.

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