Le Grand Sentier de France traverse 51 départements dont celui de la Moselle, en région Grand Est. C’est l’occasion, en cette fin d’année, de vous faire découvrir la tradition de Noël dans ce département.

Boules de Noël - Tour de France à pied - Grand Sentier de France

L’Avent

Aux premières décorations de Noël, on entre officiellement dans la période de l’Avent.
Les modestes illuminations d’hier ont vécus. La panoplie électrique d’aujourd’hui navigue à des années-lumières de tout cela : arcs multicolores, dentelles sophistiquées, dessins audacieux… On vient de loin pour les admirer. On vient également visiter les chalets de bois qui se regroupent en marchés comme des villages éphémères. On en compte plus de 25 en Moselle.

Les gâteaux de Noël

Dès la période de l’Avent, les mosellans confectionnent des gâteaux et des sablés de toutes formes et aux saveurs d’épices et décorés.
Biscuits de Noël - Tour de France à pied - Grand Sentier de FranceIl s’agit là, de traditions importées à différentes époques par les immigrants tyroliens, souabes ou suisses après la guerre de Trente Ans mais aussi par les Allemands durant l’Annexion de 1870 à 1918.
Les Mosellans se sont appropriés ces traditions et ont développé leurs propres recettes : Weihnachtsbredele, Spritz, Stollen

Les pains au miel existent depuis l’Antiquité. Ce sont les croisés qui apportent les épices d’orient qui arrivent par les grands ports et notamment celui de Venise. Les pains d’épices sont d’abord fabriqués dans les couvents ensuite par les boulangers et enfin par les pains d’épiciers vers le XVe siècle. Ces derniers rivalisent avec les boulangers et les pâtissiers. Au XVIIIe siècle, se développe l’industrialisation des procédés de fabrication.

Les recettes évoluent en fonction de la technique utilisée et de la découverte de nouveaux ingrédients. Le pain d’épices est tout d’abord un pain au miel, on y ajoutera les épices par la suite.
Dans les familles, c’est à celui qui donnera le meilleur goût de beurre, avec ou sans noix de coco, aux pains d’épices et aux petits gâteaux de Noël. Jusqu’à l’Epiphanie, il y a toujours une boîte en fer décorée remplie de Spritz et de gâteaux de Noël.

Le pain d’épice le plus connu est celui de la Saint-Nicolas, qui sont fabriqués autour du 6 décembre par les pâtissiers, confiseurs et boulangers. Ceux-ci conservent la tradition et honorent le patron et protecteur de la Lorraine, Saint-Nicolas.

Parmi les différentes variétés de gâteaux de Noël, les Speculoos sont consommés tout au long de l’Avent. Ils sont, traditionnellement, parfumés à la cannelle. Toujours pendant la période de la Saint-Nicolas, en Moselle, on apprécie les brioches lorraines et les pains au lait en forme de petit bonhomme.

La Saint-Nicolas

Saint-Nicolas - Tour de France à pied - Grand Sentier de FranceSaint-Nicolas fait partie du décor, avec son costume mauve et poil blanc. Il est comme un tatouage, on ne se sépare pas de sa légende. C’est un héros, venu de loin, d’une aventure de bambins transformés en pâté par un boucher indélicat et que Saint-Nicolas a résolu d’un coup, sept ans après. Il a bien existé d’après les historiens.

Saint-Nicolas est le protecteur de la Lorraine et le patron des écoliers. D’aucuns et pas des moindres accrochent à leur mémoire au souvenir d’une madeleine que l’on substitue plutôt à une friandise en forme de bonhomme. Friandise moelleuse et tapissée de sucre sur laquelle figure son effigie en papier, avec étole et crosse.

Saint-Nicolas est pour toujours le patron en pain d’épice voire en chocolat.
Il défilera dans la ville sur son char, tel une majesté. Il apparaîtra ensuite au balcon. C’est à pied qu’il visitera, dès le lendemain, les écoles. Il sera accompagné du Père Fouettard, sale de suie et le cheveu hirsute, qui la veille aura suivit le cortège en agitant son martinet de cuir.

Les historiens font naître Nicolas vers l’an 260, à Patare, un port de la province romaine de Lycie, l’actuel territoire turc. Selon la légende, le futur patron de la Lorraine croisera la route de trois petits enfants recueillis par un détestable boucher. Saint-Nicolas les ressuscitera après qu’ils aient été trucidés, découpés et mis au saloir. Il punira l’affreux boucher.

A sa mort attestée un 6 décembre, aux alentours de 350, on s’aperçoit que sa dépouille suinte et produit une huile parfumée qui soigne les malades des yeux et des articulations. Une escouade de marins venus d’Italie s’empare des reliques en 1807, sous prétexte de les protéger des menaces qui pèsent sur l’Orient et les transfèrent à Bari.
Un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville, se rend à Bari pour y dérober une phalange du défunt et la ramène dans l’église de son village natal, l’actuel Saint-Nicolas-de-Port. Devenu depuis un important lieu de pèlerinage avec une basilique dédiée au saint.
Vers 1230, un certain Cunon de Réchicourt , prisonnier, prie Saint-Nicolas qui le fait sortir dans l’instant de sa cellule.
Passé d’Orient en Occident, le saint prend désormais ses quartiers en Europe et plus particulièrement en Lorraine. Il est fait protecteur de la région par le duc René II, en 1477.

Les théories sur le Père Fouettard varient. Il serait le cruel boucher qui suivrait le saint dans tous ses voyages afin d’expier son crime. En Moselle, on privilégie l’hypothèse messine, le Fouettard rappelant le souvenir honni de l’empereur Charles-Quint, qui fit le siège de Metz durant l’hiver 1552, où il fut vaincu.

Noël

Dans chaque intérieur mosellan, on met la dernière main à l’habillage du sapin. C’est un phare qui clignote toujours, avec la même élégance. Jadis, le geste de poser l’étoile piquée au sommet était l’apanage du père. Plus tard, dans la soirée, on éteignait les lampes et on reprenait à l’unisson, un refrain de circonstance. On allumait les bougies accrochées aux branches ou de petits cierges qui se consumaient en gerbes d’étincelles.

Aujourd’hui, la donne a changé. La déco du sapin est une affaire de stylistes. L’âne et le bœuf de la crèche s’ennuient un peu tant ils sont relégués sous les branches basses. L’essentiel est ailleurs : le réveillon. La table dressée fera comme un parfait divan pour les retrouvailles avec les parents lointains. Il y aura des grands crus et de sacrés cadeaux. Noël se vit ainsi, généreux, drôle et convivial. Vers minuit, on ira respirer sur le balcon enneigé.

« En 1858 la nature fut avare. La grande sécheresse priva les Vosges du Nord de fruits et le sapin de Noël n’eut donc parure qui vaille. Un souffleur de verre de Goetzenbruck inspiré tenta de compenser cette injustice en soufflant quelques boules en verre. Il déclencha à lui seul la tradition qui traversa les cultures, le monde, l’humanité. »

Boules de Noël de Meisenthal - Tour de France à pied - Grand Sentier de France

Au-delà de la légende, se profile une aventure industrielle qui prendra sa source dans une vallée des Vosges du Nord. La verrerie de Goetzenbruck (1721 à 2005), village voisin de Meisenthal, produisit des boules décoratives réfléchissantes dès 1857. Plus de 200 000 boules étaient exportées à travers le monde dans les années 1950. La fabrication fût arrêtée en 1964. Les derniers verriers témoins de cette aventure industrielle sont invités, en 1998, par le Centre International d’Art Verrier (CIAV) de Meisenthal pour transmettre aux jeunes verriers, les secrets du soufflage des boules de Goetzenbruck. Le CIAV lance en 1999, une ligne éditoriale « boule de Noël ». Aujourd’hui les Boules de Noël de Meisenthal représentent un véritable phénomène.

L’Epiphanie

Le cap de la nouvelle année est passé et la Saint-Sylvestre est déjà loin. Il n’y a pas d’Epiphanie sans galette des rois et sans fève. La coutume en Moselle plaide pour la galette des rois à la frangipane.
La confusion règne quand différentes variantes voient le jour : à la compote de pommes, au chocolat, à la mandarine, au coco, au citron…

En Moselle, à la fin du repas, le plus jeune se glisse sous la table et c’est lui qui indique la distribution des parts. Il en sortira un roi, celui qui aura trouvé la fève. Il choisira sa reine.

Le Sentiers des Lanternes

De la fin novembre jusqu’en janvier, le Sentier des Lanternes illumine l’Hôtel du Département de la Moselle, situé à Metz, ainsi que les berges du Petit Saulcy. Les traditions locales ont été exploitées pour créer les différentes lanternes.

Le public déambule au milieu des centaines de personnages colorés et enfantins,  dont le thème, cette année, est dédié au Père Noël. Vous découvrirez au sein de son village : son bureau, son atelier, ses rennes et ses plus beaux cadeaux.

La Forêt des Lanternes vous fera découvrir une expérience interactive inédite. Petits et grands partiront à la découverte de la forêt du Père Noël illuminée par un défilé de lanternes, au sein du Moulin des Thermes.

Source : Noëls de Moselle – Guy Untereiner et Michel Genson – Serge Domini Editeur

Noël en Moselle

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