Cette période est occupée à soigner la maladie dangereuse qui m’affecte tant moralement que physiquement. Je reçois la visite quotidienne d’une jeune infirmière qui éprouve beaucoup de mal à effectuer l’injection prescrite. En effet, la paroi abdominale est tellement dure et musclée que l’aiguille ne pénètre pas. De plus, en prenant mon pouls, il est muet, ce qui ne manque pas de l’étonner. Mais rien de grave. Je vais devoir encore patienter et me faire pouponner par ma très hospitalière belle-sœur et son amie Nicole qui, aucunement ne m’abandonne à mon mauvais sort. Leur sollicitude est réconfortante.

Cependant, je déplore la charge que je constitue pour elles et pour le magnanime François, agréable soutien dans mes déboires. Ces amis se relaient, s’activent, me font oublier ma condition et m’apportent du baume au cœur. Mais mon départ doit intervenir le plus tôt possible. Je n’ai renoncé à rien. Je reprends la marche, accompagné de ces chers amis qui me font visiter la région qui ne manque pas d’attraits, comblée de superbes paysages. Une excursion est programmée pour le col de la Forclaz, au lac de Salanfe à proximité d’Emosson, en Suisse. Le 16 juin, avec Solange, nous explorons les Aiguilles Rouges où nous rencontrons une harde de bouquetins. Je peux immortaliser tranquillement dans l’objectif une suite d’images dévoilant ces gracieux animaux en liberté, notamment un superbe mâle assurant la sécurité de son cheptel, impressionnant de noblesse au milieu des rochers et des myrtilliers, sa puissante silhouette aux cornes recourbées se découpant sur un ciel limpide, frangé du diadème des sommets scintillants.

Samedi 12 au dimanche 20 juin 1999 – 105ème au 113ème jour [Serge Laurent]

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