A travers les douces forêts de pins, de mélèzes et les pelouses drues des prairies dont les riches éclosions florales du mois de juin commencent à jaunir sous un soleil ardent, nous gagnons le lac de Roue puis, par le plateau où les résineux du bois de Randon chantonnent sous la brise, nous descendons par une suite de lacets serrés vers Château-Queyras où le personnage omniprésent de Vauban a consulté la structure de cette fortification inexpugnable. Nous nous restaurons dans un snack-bar en bordure du Guil impatient d’aller courtiser la Durance. A dix-sept heures, nous reprenons la marche vers le Col Fromage en passant par le vallon du torrent de Bramousse. Les paysages splendides de cette engadine française me rappellent cruellement que je suis dans l’incapacité de glaner la moisson de clichés témoignant de tous ces paysages somptueux.

Un orage menace et ses grondements se répercutent longuement entre les parois de ce vallon verdoyant. La prudence nous recommande de stopper notre progression près d’un chalet d’alpage dont le balcon au-dessus de son embase de pierre est chapeauté d’un auvent de bois patiné et noirci par les intempéries mais bien efficace pour nous protéger d’une ondée prévisible. De fait, la pluie se met bientôt à tambouriner sur les planches, une pluie sage que les alpages boivent sans retenue pour reverdir dans la nuit. Nous savourons ce moment délicieux à regarder la fin du jour qui se mire dans les gouttelettes parsemant les prés et semant ses myriades de feux follets.

Samedi 17 juillet 1999 – 140ème jour [Serge Laurent]

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