Le soleil accroche ses lueurs au doigt levé de la Pierra Menta. Il déverse son miel progressivement afin de dorer les murailles intangibles de la montagne en la débarrassant des haillons de la nuit. Nous n’avons pas souffert de la froideur des ténèbres. Nous consommons un copieux petit déjeuner avant de quitter le gîte et ployés sous nos sacs à dos, nous poursuivons notre descente vers la vallée de l’Isère et les villages de Valezan et Bellentre entre lesquels s’étagent toutes sortes de bergeries de tous les âges et de tous les aspects.

Au dessus du lac de RoselendAu dessus du lac de Roselend

Sur ce Versant du Soleil baptisé ainsi à bon escient, la chaleur devient vite accablante au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude. Aux environs de midi, la température avoisine les 36°. Nous devons traverser le profond sillon alpin que l’Isère a découpé dans le relief. Au-delà s’ouvrent les portes de Rosuel donnant accès au parc naturel national de la Vanoise. Sur cet adret s’étageant de 2009 mètres à 710 mètres, aux coteaux écrasés par la canicule, les sources sont rares ou taries et nous éprouvons le besoin de boire abondamment pour étancher notre soif permanente. Fortement sollicitées, les rotules deviennent douloureuses, sensibles et manifestent leur réprobation sous un tel effort.

Le col du BressonLe col du Bresson

Nous atteignons Bellentre vers 14 heures, complètement épuisés et nous y faisons escale pour nous ravitailler avant de nous acheminer, lourdement chargés, vers le camping-caravaning de Montchavin, à 1250 mètres, où nous choisissons un emplacement herbu face à la vallée s’enfonçant vers Bourg-Saint-Maurice.

Vendredi 2 juillet 1999 – 125ème jour [Serge Laurent]

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